Coaching et motivation : quel lien avec la pyramide de Maslow ?

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Que ce soit en cours collectifs ou en personal training, l’un des principaux enjeux du coaching sportif est de bien comprendre les motivations du public qu’il accompagne. Un précieux outil pour cela est l’adaptation de la pyramide de Maslow au Fitness.

Car pour être en mesure de répondre aux besoins, envies et désirs d’une clientèle, il est indispensable de savoir analyser ce qui l’inspire… Et l’amène à frapper à votre porte pour faire du sport. Ainsi, comprendre la motivation du participant, c’est s’attacher à se pencher sur sa psychologie.

 

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Vaste question me direz-vous. Il est vrai… L’être humain est une entité complexe, qui peut se révéler surprenante et difficile à décrypter. Mais c’est bien ce qui fait le piment du métier : car dans le fond, ce sont les différentes personnes croisées sur votre chemin qui font évoluer votre regard et vous permettent de réinventer votre pratique professionnelle.

Alors pour bien saisir la motivation de votre public, il faut développer des outils de compréhension. Traditionnellement, c’est la fameuse « pyramide de Maslow » qui est proposée en première approche. Prenons le temps de revenir sur cette théorie, puis de réfléchir à la pertinence de son recours dans le métier d’éducateur sportif.

 

 

Quel peut être le lien entre la pyramide de Maslow et le coaching ?

La pyramide de Maslow est abordée dans la plupart des formations sportives initiales, et notamment dans le BPJEPS. Vous en avez donc surement déjà entendu parler…

Mais un petit rappel ne fait jamais de mal. La « pyramide de Maslow » est une classification des besoins qui a été élaborée par le psychologue américain du même nom. En réalité, l’auteur n’a pas présenté sa théorie sous forme de pyramide, mais cette figure géométrique s’est imposée au fil du temps, probablement du fait de la simplicité de son usage.

L’ouvrage où il livre cette réflexion, « A theory of human motivation » (l’ouvrage en français où il traite de cette pyramide est « Devenir le meilleur de soi-même : besoins fondamentaux, motivation et personnalité« ), a été rédigé en 1943, sur la base d’observations réalisées auprès de sujets issus de sociétés occidentales et instruites.

Il est important de retenir ce contexte pour la suite de notre propos : gardez bien en tête que le schéma pensé par Maslow reflète le comportement d’une certaine population, à une époque donnée. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire d’aborder la pyramide, non pas comme une vérité générale et immuable sur la motivation, mais comme un outil à adapter aux spécificités de chaque personne

L’idée la plus répandue et largement véhiculée est que, selon Maslow, un besoin nouveau n’émerge que lorsque le besoin précédent a été satisfait. La pyramide de Maslow s’est donc construite sur la hiérarchisation de ces besoins, souvent classés en 5 grandes catégories que sont : la physiologie, la sécurité, l’appartenance, l’estime et l’accomplissement. Mais à quoi peuvent bien correspondre ces « étages », notamment chez les pratiquants sportifs encadrés par lors de coaching ? Voici quelques exemples qui illustrent concrètement chaque étage de la pyramide.

 

Pyramide de Maslow : les besoins physiologiques

Dans la pyramide de Maslow, les besoins physiologiques renvoient à ce que l’on a tendance à désigner comme les besoins primaires, c’est-à-dire fondamentaux.

Il s’agit bien là du corps puisque, comme nous le prodigue l’entrepreneur américain Jim Rohn, également impliqué dans le coaching en développement personnel et motivation dans le monde des affaires : « Prenez soin de votre corps, c’est le seul endroit où vous êtes obligés de vivre ».

Les besoins physiologiques constituent donc, en principe, une priorité absolue. A cet étage de la pyramide, vous retrouverez par exemple les pratiquants qui ont un objectif de prévention ou de santé : augmenter la dépense énergétique pour perdre du poids et protéger les articulations, marcher pour solliciter le système osseux et retarder les effets du vieillissement tels que l’ostéoporose, travailler en aérobie pour restaurer les capacités ventilatoires et pulmonaires suite à un sevrage de la cigarette, bouger pour stabiliser un état d’hyperactivité intense en libérant suffisamment d’endorphines, etc.

En somme, les besoins physiologiques renvoient à ce qui pourraient s’apparenter à l’entretien d’une machine en parfait état de fonctionnement, en l’occurrence le corps humain.

 

Pyramide de Maslow : le besoin de sécurité

Dans la pyramide de Maslow, le besoin de sécurité renvoie à la notion de stabilité. Celle-ci peut passer par le sentiment de propriété (avoir des choses et des lieux à soi) et de maîtrise de l’environnement (avoir un pouvoir sur l’extérieur).

Vous trouverez ici les pratiquants qui accordent une importance particulière à leurs habitudes, c’est-à-dire à ce qui leur est familier et rassurant. Vous avez sans doute déjà eu affaire aux personnes qui occupent systématiquement la même place en cours collectifs. Il est fréquent de constater leur immense satisfaction à avoir « cette place » et pas une autre… Ainsi que le raz-de-marée émotionnel provoqué lorsqu’un individu audacieux ose l’occuper !

Il serait tentant de juger à l’emporte pièce en se disant que « oh ça va, c’est qu’une place » ! Mais nul ne sait ce que chacun symbolise au travers de détails pouvant sembler parfois insignifiant… Prudence donc, et surtout tact. Prêtez une oreille attentive aux pratiquants chez qui le moindre changement est problématique (horaire, lieu, coach, style d’entrainement, matériel…), et tentez de comprendre ce qui se cache derrière ces réactions pour mieux les appréhender en coaching.

Si untel n’accepte d’être entraîné que par « son coach » en refusant en bloc tout remplaçant, quel sera votre positionnement à long terme ? Vous ne garderez peut-être pas ce client toute votre carrière, il est donc important de questionner ce lien d’exclusivité et sa motivation profonde, pour être en mesure de passer le relais sereinement le moment venu…

 

Pyramide de Maslow : le besoin d’appartenance

Dans la pyramide de Maslow, le besoin d’appartenance renvoie au fait d’avoir un réseau social satisfaisant, d’être reconnu par sa communauté et d’y être accepté tel que l’on est. A cette étape, vous trouverez les pratiquants très investis dans vos cours collectifs et en coaching… Parfois même un peu trop !

Comme ceux qui préparent la salle avant votre arrivée, ou relaient votre parole pour faire régner le calme dans un groupe légèrement chahuteur. Ces profils se retrouvent d’ailleurs parfois en conflit avec les « bandes de copains » pour qui le sport n’est qu’un prétexte pour se retrouver et s’amuser. Pour ces derniers, pas question de subir la séance… Avec eux, oubliez la technique et privilégiez le ludique !

Mais on trouve aussi des éléments aux attitudes davantage mesurées et extrêmement positives : il peut s’agir d’un pratiquant fidèle qui en mobilise d’autres pour participer à des évènements telles que les portes ouvertes de la salle de sport ou le salon du Fitness. Il peut s’agir aussi d’un compétiteur qui sera fier d’afficher les couleurs de son club, et ne manquera pas de faire constamment référence à son préparateur physique, en l’occurrence vous.

Le besoin d’appartenance se traduit donc avant tout par cette volonté et motivation, pour les personnes que vous coachez, de se représenter comme faisant partie intégrante d’un système qui participe activement au fondement de leur identité.

 

Pyramide Maslow : le besoin d’estime

Dans la pyramide de Maslow, le besoin d’estime renvoie au sentiment de considération.

Celui-ci peut être lié à différentes notions comme le désir de force, la réussite ou le mérite, la maîtrise de certaines compétences et le désir de liberté. Ici peuvent se placer toutes les questions relatives à l’esthétisme et à la performance qui aident les pratiquants à avoir confiance en eux face à autres.

Ce sont bien souvent « les acharnés » de la salle. Ceux qui sont là tous les jours et travaillent sans relâche à l’atteinte de leurs objectifs : prise de masse, sèche, tonification, force, souplesse, coordination…

Dans votre coaching, l’encadrement est relativement différent des étages précédents car il vous faut veiller aux limites physiques et psychologiques du sujet. Gardez bien en tête que vous, même si vous encouragez la motivation, vous êtes avant tout garant de la sécurité de vos pratiquants et qu’il est de votre devoir de prévenir, ou à défaut d’alerter, les comportements extrêmes qui peuvent représenter un danger pour le principal intéressé et les autres.

Méfiez-vous notamment des anciens sportifs sur le retour… Qui pensent avoir conservé le même niveau qu’antan, et qui adoptent par conséquent une intensité d’entrainement inadapté à leur forme actuelle.

 

Pyramide de Maslow : le besoin de s’accomplir

Dans la pyramide de Maslow, le besoin de s’accomplir renvoie à la réalisation de son être le plus profond.

C’est un étage très subtil et plus spirituel. Il induit l’idée que le pratiquant soit dans l‘atteinte d’un état de plénitude intérieure. Cet état passe par l’acceptation de sa condition humaine, c’est-à-dire son caractère mortel, imparfait et transcendé par quelque chose de plus grand que lui. Ce qui implique qu’en s’étant ouvert à soi-même, il se soit ouvert aux autres de manière altruiste et sincère (en les écoutant et en les aidant à se réaliser eux aussi).

Dans le coaching, il est plutôt rare d’entretenir ce genre le lien dans des pratiques dites classiques ou ordinaires. Mais si vous avez une sensibilité particulière à ces questions, et des techniques spécifiques à mettre en œuvre (comme la méditation, la sophrologie, la magnétisation, etc), vous pourrez accompagner certains de vos pratiquants à ce stade de la pyramide… Mais cela suppose que vous y soyez déjà vous-même. Car n’oubliez pas une chose : votre public reflète votre personnalité et quelque part, vos propres aspirations.

Et dans la mesure où le coach exerce un pouvoir d’attraction et d’influence plus ou moins puissant sur ses coachés, il est primordial de comprendre la motivation des autres… mais aussi la vôtre !  D’où l’importance de « balayer d’abord devant sa propre porte », comme le dit l’adage…

 

La Pyramide de Maslow est-elle encore d’actualité ?

Avec près de 75 ans au compteur, il est tout à fait légitime de se questionner sur le degré de pertinence de la pyramide de Maslow. Bien que ce modèle soit un peu daté, il reste une bonne introduction aux théories motivationnelles. Cela étant, il est important de rectifier certaines erreurs assez répandues au sujet de cette fameuse théorie de Maslow :

  • Selon l’auteur, il n’est pas nécessaire de satisfaire à 100% un besoin pour passer au besoin suivant. En effet, les besoins ne s’excluent pas les uns les autres ; bien au contraire, ils se cumulent et s’alimentent comme l’indique le schéma suivant : 

 

  • Un étage a été rajouté à la théorie originale, plus tardivement par l’auteur. Il s’agit du besoin cognitif, c’est-à-dire du besoin de savoir et de comprendre.

    C’est une étape clef qui marque la transition entre l’estime de soi et la réalisation. Par exemple, un pratiquant va intégrer le fait qu’il doit adopter une alimentation saine pour optimiser son coaching (besoin d’estime). Après s’être contenté d’acheter des légumes sans se soucier de leur provenance, il va prendre conscience de la nécessité d’ingérer des légumes de qualité, pour profiter pleinement de leurs propriétés. Il s’attachera donc à changer son mode de consommation en chercher à privilégier les produits sans pesticides (besoin cognitif).

    Enfin, il ira encore plus loin en faisant en sorte que manger de qualité (bénéfice pour lui) puisse favoriser l’emploi local par des achats directs sans intermédiaires commerciaux (bénéfice pour l’agriculteur), et respecte l’environnement par des procédés tels que la permaculture (bénéfice pour la planète).

    On voit bien ici comment le stade cognitif permet d’amener une réflexion beaucoup plus aboutie de la motivation du pratiquant à s’alimenter plus sainement. Et ce raisonnement peut s’étendre à l’ensemble des questionnements qui traverse l’existence de chaque être humain.

 

En dépit de ces éléments qui enrichissent la théorie de Maslow, cette dernière n’en reste pas moins controversée ou du moins critiquée. Car comme toute théorie confrontée à la réalité du terrain, elle présente certaines limites.

 

 

La pyramide de Maslow est-elle à remettre en question ?

Bien qu’elle constitue une base intéressante à connaitre pour le coaching, il est important de prendre de la distance avec la pyramide de Maslow et l’ensemble des théories en généralistes qui concernent la psychologie de l’être humain.

Par définition, l’homme est unique, singulier… Et imprévisible ! Il est extrêmement difficile de catégoriser les gens selon des normes, tout simplement parce qu’aucun individu ne peut être défini comme tel. Doté d’une pensée et d’une liberté d’action, il serait bien prétentieux de vouloir enfermer l’être humain dans une case.

 

 

C’est pour cette raison que nul ne peut prétendre généraliser sur la motivation des pratiquants à partir la pyramide de Maslow, sans prendre le risque de faire fausse route.

La classification des besoins peut par exemple être ordonnée différemment selon les priorités de chacun. C’est ainsi qu’une personne pourra pratiquer une activité physique néfaste pour sa santé, en courant avec un genou fragilisé par exemple, dans le but de partager un moment privilégié avec ses collègues. Ici le besoin d’appartenance passe avant les besoins physiologiques.

On peut aussi prendre l’exemple d’un pratiquant qui préfèrera pratiquer dans un parc en plein hiver, en dépit du temps incertain et de la potentielle dégradation des installations sportives extérieures, pour jouir de la liberté de s’entrainer dans un espace ouvert sur la nature. Ici, c’est le besoin de réalisation (être indépendant d’une salle) qui passe avant le besoin de sécurité (avoir des conditions matérielles).

D’autre part, comme indiqué en début d’article, le cadre de référence de la pyramide de Maslow s’est ancré dans la société occidentale du milieu du XXe siècle, à partir de modèles issus de milieux aisés et instruits. Le contexte externe, indépendamment de l’individu lui-même, prend donc une part très importante dans l’analyse des motivations.

Les différences culturelles façonnent les priorités des pratiquants de manière très différente. C’est ainsi que l’on voit se créer des lieux de pratique communautaires (qu’ils soient déterminés par le genre, l’origine ethnique, la pathologie, l’orientation sexuelle, etc). Ou que l’on observe des ambiances diamétralement opposées au sein d’une même chaine sportive, mais implantée dans divers quartiers (d’affaires, pavillonnaire, industriel, commerçant, etc).

Le moindre élément est à prendre en compte pour analyser les motivations de vos pratiquants car chaque détail contribue à construire l’être humain qui est en perpétuel mouvement. Alors pour être un coach qui fait la différence : documentez-vous, soyez curieux, allez chercher de l’information… Tout en gardant votre esprit critique, et votre capacité à adapter ce savoir acquis à la réalité de vos pratiquants. Allez, on branche le cerveau sans plus attendre : go go go !

 

Pour aller plus loin sur la pyramide de Maslow, vous pouvez lire le livre d’Abraham Maslow : 

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