J’ai abordé dans un précédent article en quoi la démarche de VAE était révélateur de compétences.

Ici, je vous propose d’illustrer en quoi notre vécu personnel permet également d’être plus compétent.

Comment tirer parti de notre personnalité et des événements de notre sphère privée pour développer de nouvelles compétences professionnelles ?

 

Qu’est-ce qu’une compétence ?

Faisons le tri

 

Compétence, capacité, aptitude, qualité sont des mots que nous utilisons pour décrire nos atouts professionnels, sans trop y réfléchir.

En comprendre les nuances va nous offrir des pistes de progression.

Livret gratuit à télécharger :

 

Compétence

La compétence est une notion assez large. 

Selon l’AFNOR (Association Française de NORmalisation), une compétence est une combinaison de connaissances, savoir-faire, expériences et comportements s’exerçant dans un contexte précis. Elle se constate lors de sa mise en œuvre en situation professionnelle, sociale ou de formation (AFNOR X50-750).

Ainsi, la compétence n’a de sens que par rapport à l’action : elle est ACQUISE soit à travers la formation, soit par l’exercice d’une activité. On n’est pas naturellement compétent, on le devient !

De plus, la compétence concerne une situation de travail réalisée par un individu. Par exemple : animation de cours de Step, de Pilates, organisation d’événement, conception de vidéos promotionnelles…

 

Capacité

Une capacité, c’est le pouvoir, l’aptitude à faire quelque chose. C’est une activité que l’on exerce : identifier, comparer, mémoriser, analyser, synthétiser, classer, sérier, abstraire, observer…
Des synonymes possibles sont : “aptitude”, “habileté”.

 

Qualité

Enfin, la qualité est une disposition NATURELLE, un trait de caractère. Par exemple : je suis dynamique, sérieux, patient, curieux…

 

Approfondissons la notion de compétence

La compétence est classiquement associée à la trilogie : savoir, savoir-faire, savoir-être qui sont activés lors de l’accomplissement d’une tâche donnée (Brien, 1994).

C’est une définition que j’utilise personnellement dans mes coachings et dans mes formations :

  • Les savoirs sont les connaissances générales ou spécialisées nécessaires à l’occupation d’une situation de travail (ex. : connaissances théoriques, anatomie, physiologie, pédagogie en Step, connaissance des rythmes musicaux…).
  • Les savoir-faire correspondent à la maîtrise d’outils, de la mise en œuvre de techniques ou de méthodes utiles pour la réalisation d’une activité donnée (ex. : savoir monter un cours de Step sécuritaire et ludique en musique, savoir décliner les connaissances anatomiques pour concevoir et animer un cours de renforcement musculaire, de stretching, savoir mixer les musiques et les utiliser dans une relation musique mouvement…).
  • Les savoir-être correspondent à la maîtrise des différents comportements, des relations avec les autres ou des postures mentales nécessaires à l’accomplissement d’une activité donnée (ex. : être autonome, savoir s’adapter à une situation imprévue, gérer ses émotions, être force de persuasion, travailler en équipe pluridisciplinaire…).

Ces aptitudes, ces talents sont souvent désignés par l’expression anglaise « soft skills », compétences douces ou encore compétences comportementales.

 

Synthèse

La compétence est, pour une situation professionnelle donnée, au centre des trois composantes que sont :

  • Le savoir (sommes des connaissances théoriques et techniques)
  • Le savoir-faire (habiletés)
  • Le savoir-être (capacités relationnelles et comportementales).

Ce qui donne les combinaisons suivantes :

  • “connaissant” ou “sachant” (savoir + savoir-être)
  • “exécutant” (savoir-faire + savoir-être)
  • “performant” (savoir + savoir-faire)

Une personne compétente réunit ces trois facettes de l’exercice de ses savoirs dans différents contextes.

 

Zoom sur les compétences comportementales

Il s’agit de compétences humaines, relationnelles, émotionnelles, personnelles.

Par exemple : la façon d’entrer en relation, de cultiver cette relation et de communiquer avec les autres, d’être apprécié pour vos qualités humaines, d’être chaleureux, optimiste, créatif, entreprenant, organisé, etc.

Essentielles à l’ère de la digitalisation croissante de nos activités, les compétences comportementales s’assimilent tout au long de la vieIl en existe un grand nombre et elles sont interdépendantes.

Les 10 compétences comportementales incontournables

J’en ai sélectionné 10 qui me semblent être les plus pertinentes pour notre métier d’éducateur sportif.

L’adaptation
à toute situation

Capacité à trouver une solution rapide et efficace, parce que rien ne se passe exactement comme prévu.

Cela demande de la réactivité et de la créativité, ainsi que du sang froid pour résoudre les problèmes.

La gestion de ses émotions

Capacité à prendre du recul pour identifier ses émotions et celles des autres, pour les utiliser à bon escient. Cela améliore la qualité de l’écoute et permet d’établir des relations professionnelles constructives.

Elle nécessite de la présence à soi-même, physiquement et mentalement, qui va permettre d’être présent pour les personnes qui nous entourent.

L’empathie

C’est le fait de comprendre la réalité de l’autre. Elle est très liée à la gestion des émotions.

Chaque personne est unique, avec son propre caractère, sa vision, ses ambitions, ses forces et ses fragilités.

L’empathie aide à avoir une meilleure compréhension et lecture des personnes et des situations,

à s’adapter en conséquence,

à instaurer la confiance et à établir des liens plus efficaces avec les autres.

 La communication

Capacité à parler et / ou écrire de façon précise concise et claire de façon à ce que les messages soient compris.

Il s’agit également d’ajuster l’attitude (regard, sourire, gestuelle) le ton et le style en fonction du public et des situations.

La gestion du temps et du stress

Capacité à travailler sous pression, à penser clairement et à contrôler le niveau de stress.

C’est indissociable de la gestion du temps pour hiérarchiser efficacement les tâches et organiser son agenda, tout en adoptant une attitude proactive.

La créativité

Il s’agit de créer des connections entre les pratiques, l’environnement et les personnes. Cela permet d’être inventif et réactif !

Elle est très liée à la curiosité qui permet d’apprendre, de découvrir, de tester, de se former, sans oublier d’apprendre des autres !

L’esprit
d’entreprendre

Indispensable au métier d’éducateur sportif !!! Il implique de l’autonomie et de l’audace dans une dynamique positive et créative.

L’audace est la capacité à oser, tenter quelque chose de nouveau, sortir de sa zone de confort.

Le leadership

Le leadership se démontre au travers d’autres éléments comme l’attitude positive, la force de persuasion, la capacité à donner et à trouver de la motivation.

Pour cela, il est nécessaire de s’entraîner à donner du sens à ce que l’on fait et à ce que l’on fait faire… Le pourquoi.

Cette compétence est alliée à la vision, la capacité à anticiper et projeter le parcours, les étapes pour arriver à l’objectif.

Le sens du collectif

La capacité à travailler en équipe avec des collègues confrères, la hiérarchie, les clients…

Un bon travail d’équipe implique une combinaison d’autres compétences non techniques comme l’intuition et un sens aigu des relations interpersonnelles.

Cette combinaison permet de savoir quand intervenir de la meilleure façon possible, quand prendre les devants ou quand être juste à l’écoute.

Les membres moteurs d’une équipe sont perspicaces, attentifs aux besoins et aux responsabilités des autres.

La prise de distance et l’introspection

Cette compétence est indissociable de la confiance en soi, en les autres, en l’avenir.

C’est la capacité à prendre du recul afin de comprendre son comportement en toute situation, à savoir conserver l’esprit critique et constructif, tout en restant confiant.

Cette démarche tend vers la maîtrise de soi pour mieux guider les autres, les impliquer et leur donner le sentiment d’avoir de la valeur.

Ces compétences dites « douces » prennent petit à petit le pas sur les compétences purement techniques.

En effet, à quoi bon être le plus savant en anatomie et en physiologie, si le relationnel ne suit pas ? Si personne n’aime travailler avec vous ?

 

Identifier les sources de compétences

La compétence se développe tout au long de la vie, elle est tournée vers l’avenir pour être mobilisée.

 

Nécessité de conscientiser les compétences

Une compétence est potentielle. Pour lui donner vie, il est nécessaire de la conscientiser.

Une compétence c’est comme de l’argent en banque. Il ne me sert à rien si je ne sais pas quel est l’état de mon compte en banque, si je ne sais pas ce qu’il me permet ou non d’acheter et si je n’ai pas défini clairement les besoins qu’il me permet de satisfaire.

Il en va de même de la compétence, qui doit être consciente et associée à des besoins et à des intentions.

Devenir conscient de ses apprentissages par la réflexion et l’introspection permet de transformer les expériences en compétences.

 

Trois exemples

Je vous propose d’illustrer au travers de 3 exemples personnels comment se créent des compétences supplémentaires.

J’ai analysé ces au travers des 3 composantes de la compétence Savoir – Savoir-faire et Savoir-être.

 

Un lumbago

Voici comment un lumbago m’a rendue plus compétente.

J’avais décidé de repeindre le long couloir de mon club à l’occasion du pont de l’ascension. Le lundi matin, au moment de reprendre le travail (gestion de l’entreprise et animation des cours collectifs), j’étais totalement immobilisée … impossible de me lever.

Savoir– Connaissance détaillée du lumbago, de ses causes et conséquences.
Savoir-faire

– Élaboration d’étirements et de mobilisations douces pour soulager la douleur et détendre la zone des lombaires.

– J’ai modifié mes cours de gym douce, et mes adhérents ont apprécié.

Savoir être

« Soft skills »

J’ai d’abord pris du recul par rapport à la situation.
Que devais-je comprendre au travers de cette épreuve ? Pourquoi étais-je alitée après avoir fait 4 jours de peinture ?

La réponse était simple : je n’avais pas demandé d’aide et j’avais voulu faire ce travail seule.

J’ai pris le temps de réfléchir au pourquoi de ma façon d’agir et je l’ai complètement modifiée suite à cette expérience.

J’ai osé demander de l’aide en fonction des compétences des uns et des autres lorsque j’avais des projets.

Je me suis rendue compte que les personnes de mon entourage n’attendaient qu’un signe de ma part pour m’aider, et que cela les rendait heureux de le faire. Cela a renforcé la confiance en moi et en les autres. J’ai acquis plus d’audace car je me suis sentie soutenue dans mes projets. Nous avons été beaucoup plus créatifs et performants de par la richesse des échanges.

Depuis, j’ose dire « j’ai besoin d’un coup de main, qui a envie de m’aider ? » et je suis reconnue pour mes compétences en conduite de projet et en animation d’équipe.

 

Le diastasis des grands droits

Après la naissance de mon fils, mes grands droits de l’abdomen sont restés séparés au niveau de la ligne blanche. Ce phénomène porte le nom de diastasis des grands droits.

Savoir

– Connaissance approfondie du fonctionnement des muscles abdominaux et du rôle de la respiration.

– Je me suis formée sur différentes pratiques abdominales sécuritaires notamment le Pilates et la technique De Gasquet.

Savoir-faire

– J’ai développé des pratiques de renforcement abdominal sécuritaires, et amusantes.

– De par mon vécu personnel, je repère tout de suite les hyperpressions abdominales chez mes adhérents. Je trouve les mots pour les convaincre de faire évoluer leurs pratiques. Je sais les guider sur le changement que cela induit.

Savoir être

« Soft skills »

La première personne sur qui je teste mes pratiques, c’est moi. Le plus difficile est la perception et la gestion de la respiration. Nous respirons environ 23000 fois par jour sans y penser !

Cette recherche m’a conduite à être très à l’écoute de mon corps, de mes émotions. J’ai appris à les accueillir et les observer sans lutter.

Je peux décrire cela comme une méditation une présence à moi-même à 100%. C’est très apaisant, et améliore l’ancrage. Cette pratique me permet de développer une approche unique, très empathique, lorsque je m’occupe d’un client ou d’un groupe d’adhérents.

Il s’opère ensuite un cercle vertueux d’amélioration de la confiance en soi, de l’audace, de la créativité, tant pour moi que pour mes clients.

 

Une blessure au genou

A l’époque je donnais plus de 17 h de cours par semaine, RPM, Step, Zumba, Bodypump… Je n’ai pas écouté les signaux d’alerte envoyés par mon corps, jusqu’au moment où ma douleur était telle que je ne pouvais plus marcher. J’ai fini par me faire opérer d’une lésion méniscale. 

Savoir  – Connaissance détaillée de l’articulation du genou
Savoir-faire 

– Élaboration d’une autre façon d’animer un cours avec des consignes visuelles effectuées avec le haut du corps sans se déplacer

– Mise en place d’une autre approche, plus progressive, des exercices 

Savoir être

– Créativité, innovation : recherche de nouvelles pratiques, conditions d’exercice…

– Développement de l’esprit d’équipe avec l’aide des adhérents les plus expérimentés pour démontrer certains exercices

– Capacité à déléguer pour se faire remplacer

– Amélioration de la confiance en moi, en mes collègues et en mes clients

– Compréhension de la douleur physique et de ses conséquences possibles sur l’état général : développement de l’empathie

– Prise de recul sur une situation sur laquelle aucune action directe n’est possible, amélioration de l’écoute de soi

– Création d’un relationnel médical (médecins, kinésithérapeute…) et développement de la communication en équipe pluridisciplinaire. Le relationnel mis en place à l’occasion de cette blessure a permis de tisser des liens forts avec l’équipe médicale et la naissance d’un projet SPORT SANTE soutenu par l’Agence Régionale de Santé.  

J’adopte cette démarche pour toutes mes expériences de vie qu’elles soient heureuses ou moins heureuses. Cette introspection régulière me fait progresser chaque jour, et enrichit mes compétences comportementales. Cette attitude face aux événements me permet de mieux vivre les moments difficiles parce que je parviens toujours à y puiser des enseignements. 

 

A vous de libérer votre potentiel

Choisissez des événements de votre vie sur lesquels vous êtes en mesure de prendre du recul, et étudiez-les au travers de ce prisme.

Je suis certaine que vous allez identifier des transformations dans vos acquis et votre comportement, que vous n’aviez peut-être pas perçues.

Prenez le temps de les analyser et d’en définir les contours. Cette démarche vous rendra meilleur et vous permettra de valoriser vos prestations qui sont uniques parce que VOUS êtes UNIQUE.

Vous avez peut-être déjà les compétences nécessaires pour devenir coach sportif, et ce, sans devoir suivre à temps complet une formation comme le BPJEPS AF.

Si vous vous reconnaissez dans cette situation, la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) est certainement la solution qui vous conviendrait le mieux.

Dans l’assistance VAE, je vous aide à progresser dans cette investigation personnelle et structurante à l’aide d’outils performants.

Je peux également vous aider à faire le point sur vos compétences au travers de consultations privées.

Livret gratuit à télécharger :