À la fin de mon tout premier article, je vous avais promis qu’un jour, nous dirions ensemble des gros mots nécessaires à la bonne gestion d’une entreprise : objectif, stratégie, tactique, etc.

Réjouissez-vous, le moment est venu de plonger dans le monde affreux du Business avec un grand B comme dans « Bah je ne vois pas le rapport entre le biking, l’haltéro et ce que raconte Alex avec ses histoires de business plan, franchement, on n’est pas des traders ! ».

Je vous taquine, mais c’est justement à cause de cette méconnaissance du management, de cette croyance que c’est un champ de compétences en dehors de notre métier et qui n’a rien à voir avec lui que beaucoup de coachs galèrent et sous-performent commercialement.

Je vous propose donc aujourd’hui d’explorer de manière compréhensible un mot-valise qui fait très peur : le Business plan. On pourrait écrire des livres entiers sur le sujet (ça a été fait, d’ailleurs), mais je vais simplement vous présenter ce que vous aurez besoin de savoir pour faire fonctionner un Business plan.

Sommaire

 

Un Business plan, c’est quoi ?

Une carte au trésor !

Oui, un Business Plan c’est réellement une carte au trésor – au sens premier du terme. C’est-à-dire que sans, vous tâtonnez dans le brouillard, et avec, vous trouvez l’or. J’exagère un peu, mais pas tellement. Je m’explique.

Quand on demande à un coach indépendant quelle est sa stratégie d’entreprise, son Business plan, on a souvent une réponse du style : « Euuuuuh… Ben, gagner ma vie, que les clients soient contents, m’éclater quoi, je sais pas ».

Réponse éloquente que je me permets de lier à une statistique : depuis 20 ans, 70% des diplômés du BPJEPS AF environ quittent le milieu du fitness sous 5 ans parce qu’ils n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

Alors non, il n’y a pas de suspense : oui, il y a un lien très clair avec l’absence de Business plan !

Une arme dont nous avons tous besoin

Si vous vous reconnaissez même un peu dans la réponse précédente, alors ce qui suit est pour vous, et du reste vous en avez un urgent besoin. En plus, cela pourrait bien bouleverser votre société de coaching si vous appliquez vraiment ces conseils et créer un Business plan solide.

Nous allons voir ensemble comment lire cette carte au trésor qu’est le Business plan, en commençant par le plus important : l’objectif.

L’objectif

Le « X » sur la carte au trésor

L’objectif de votre Business plan, c’est le X sur la carte au trésor, autrement dit, ce pour quoi vous êtes là, ce sans quoi plus rien n’a de sens. C’est donc ce qu’il ne faut jamais perdre de vue.

Et pour savoir quel est votre objectif de Business plan, vous devez vous poser non pas la question de ce que vous voulez obtenir, mais de qui vous voulez devenir.

C’est fondamental.

Une démarche intime à la base de tout

En effet, « je veux gagner 3000€ par mois », « je veux que les clients soient satisfaits », ou n’importe quelle autre phrase de ce style qui vous viendrait en tête, ne font pas un Business plan. Ce sont les conséquences éventuelles d’un Business plan bien appliqué, pas les causes.

Or, l’objectif du Business plan, c’est ça : le moteur. Le « Pourquoi » vous faites ce que vous faites. C’est donc une démarche personnelle et intime, qui ne regarde que vous, et qui vous demandera d’interroger qui vous êtes, sans ménagement. Il vous faut donc penser à quel genre de personne vous voulez devenir. Et pour ça, il vous faut écrire, écrire, et encore écrire, ce qui, à la fin aboutira à un Business plan.

Car oui, le Business plan, ce n’est pas tellement un document de management rempli de chiffres, de tableaux et de locutions en anglais, c’est avant tout le roman de votre vie professionnelle telle que vous voulez qu’elle s’accomplisse pour vous épanouir professionnellement.

Écrire un Business plan pour avoir une lanterne dans l’inconnu

Prenez un cahier, et écrivez un journal intime d’entreprise, une sorte de carnet de bord, où vous inscrirez quel genre de personne vous voulez être dans l’avenir, à vos propres yeux.

L’objectif de votre Business plan, c’est la formulation personnelle de ce qui vous rendra heureux, ce qui vous permettra de trouver l’épanouissement, ni plus ni moins.

Pensez à quel genre de vie quotidienne vous aspirez et qui vous ferait vous dire : « si ma vie c’était ça, ça serait le pied absolu ! ». Le Business plan, c’est le GPS pour transformer ce rêve en réalité.

Ne croyez surtout pas que c’est un exercice facile ou artificiel : un Business plan est horriblement compliqué et douloureux à accoucher, et sans lui, TOUT ce que vous ferez capotera, ou ne donnera jamais son plein potentiel.

L’objectif du Business plan est aussi votre cap, votre boussole, ce à quoi vous pourrez vous référer quand vous serez perdu – et ça arrivera.

Là encore, ne croyez pas que c’est un détail : l’une des définitions cliniques du fanatisme, c’est quand quelqu’un, au moment où il ne sait plus pourquoi il fait les choses, redouble d’efforts… Donc vous allez devoir prendre l’étape d’écriture du Business plan très au sérieux pour ne pas tomber dans le fanatisme.

Avoir un Business plan pour éviter l’absurde !

Vous vous éviterez ainsi pas mal d’ulcères et de burnouts, voire d’entreprises en dépôt de bilan, en ayant un écrit auquel vous raccrochez, une Bible, une charte, un code, appelez ça comme vous voudrez, pour vous rappeler pourquoi, au juste, vous faites ce que vous faites.

Car dans l’excitation, la gestion des embûches quotidiennes, des lourdeurs administratives, la gestion des emplois du temps, le chaos inhérent au fait de travailler avec des humains et l’envie de bien faire, on oublie vite son Business plan… Surtout si on ne l’a pas écrit.

Business plan = abolition de la censure !

La difficulté et la nécessité absolue de cette étape résident dans la lutte contre l’autocensure.

Osez imaginer le bonheur le plus absolu pour vous, même si ça paraît fou, bêbête, irréaliste… On s’en moque. Cela implique d’oser vouloir être heureux (ne rigolez pas, je n’ai encore jamais rencontré personne pour qui c’était complètement le cas) et réapprendre à penser cela possible, au-delà des limitations que la vie sociale nous a arbitrairement mises en tête.

Interdisez-vous d’interdire. Vraiment. Ensuite écrivez le Business plan de votre vie de rêve.

Mais je sens qu’un exemple vous serait utile, pas vrai ? Alors, je vous prie d’accepter mes excuses pour le manque de pudeur, mais je vais un tout petit peu vous parler de moi (mieux vaut parler de ce qu’on connaît pour ne pas trop dire de bêtises).

Ne PAS tenir compte de la réalité pour le moment !

Dépasser le présent…

Quand j’ai commencé à griffonner mon Business plan dans mon petit carnet, la situation était la suivante : je venais de me blesser gravement à la sortie du BPJEPS, j’avais environ 500 € sur mon compte en banque, pas encore de travail donc, et pas de chômage, et je venais d’emménager par obligation dans un coin où je n’avais aucun réseau.

Joyeux contexte pour se prendre pour un patron de boîte en devenir, n’est-ce pas ?

Il se trouve que la vie réserve parfois de désagréables surprises et que rien ne peut nous en prémunir quoi qu’on en pense et même si on a goûté à de hautes réussites jusque-là. Si j’avais eu 20 ans et pas 35,j’aurais sûrement paniqué et inondé de CV toutes les boîtes de fitness du coin dans l’espoir de m’en sortir en faisant des heures comme un perdu au salaire minimal, en me disant que c’était du bon sens, que j’étais obligé pour manger et payer les factures, tout simplement.

Au lieu de cela, j’ai fait totalement abstraction du contexte et j’ai écrit un Business plan, comme si je pouvais faire absolument tout ce que je voulais, c’est-à-dire l’inverse de ce que l’émotion première aurait dicté.

Oui parce qu’avec les poches et le carnet d’adresses vides et une fissuration des vertèbres, vous vous doutez bien que l’émotion première,elle vous dit plutôt de vous rouler en boule dans un coin en pleurant le temps que ça passe, ce qui, vous en conviendrez avec moi, est un Business plan que je qualifierais de « moyen/faible ».

… Pour se projeter dans le futur !

J’ai donc commencé à écrire. J’ai imaginé ma vie rêvée : habiter à la campagne, gagner entre 2000 € et 3000 € par mois, travailler moins de 10 heures par semaine pour passer beaucoup plus de temps avec ma famille et à lire, écrire, peindre, chanter, courir avec mon chien… Qu’à bosser.

Le tout en prenant soin des gens. En pratiquant du très haut de gamme, en prestation comme en tarif. Sans être sur Internet ni aucun réseau social, parce que je n’aime pas ça. Et en intégrant de la philo et du magnétisme dans des coachings de muscu. Sans faire de cours collectifs. Et en m’éclatant. Tout en intégrant mon chien dans l’histoire. Et sans rendre de compte à personne à part l’URSSAF.

Ouais. Rien que ça. Gonflé le mec, hein ? Totalement à l’Ouest, même, non ? Sauf que… Cela a pris 3 ans, mais j’ai réussi. Tout ce que je viens d’évoquer est réalisé.

Parce que j’ai passé trois mois à m’arracher la cervelle sur mon objectif de Business plan, comme si j’écrivais un roman, en peaufinant tous les détails, en donnant un passé et une histoire à chaque personnage, même aux figurants. En ne laissant rien au hasard.

Je ne vous raconte donc pas ça pour faire mon intéressant, mais pour vous montrer que même quand la situation semble désespérée, cette méthode fonctionne. Elle fonctionnera donc aussi pour vous, c’est ça qu’il faut retenir.

Obligez-vous à une clause de confidentialité envers vous-même

Un conseil : si vous écrivez votre Business plan, c’est pour ne pas en parler – on continue la métaphore du roman, dont il ne faut jamais montrer le brouillon avant la fin.

J’insiste, ne parlez à PERSONNE de votre Business plan. Ni votre femme, ni votre mère, ni votre chat (ils sont fourbes, c’est connu… Les chats hein, pas votre mère, une femme admirable à n’en pas douter 😊), ni votre meilleur-ami-de-toujours-depuis-la-bagarre-en-5ème D-dans-la-cour-de-récré-parce-que-vous-étiez-tous-les-deux-amoureux-de-Nathalie… PER-SON-NE.

Pas tant que vous n’avez pas réussi.

Parce que si vous parliez de votre Business plan, tout le monde vous donnerait son petit conseil, pas toujours bienveillant, ou vous expliquerait que c’est absurde, utopique, pas possible, que vous devriez faire comme ceci, qu’ils ont vu sur Internet qu’il fallait faire comme ça… Ils n’en savent rien. Ils ne peuvent pas savoir. C’est VOTRE Business plan, parce que c’est VOTRE rêve et VOTRE vie. Ceci est tellement personnel que par définition, le processus d’accomplissement ne se partage pas. Le résultat parlera pour vous, et c’est le résultat que vous serez ravi de partager et que les autres seront ravis de recevoir.

Je ne vais pas vous raconter comment j’ai réalisé le mien, nous ne sommes pas ici pour parler de moi, mais sachez une chose : si à la base je ne m’étais pas autorisé ce rêve complètement fou, je n’aurais, en toute logique, pas pu l’atteindre et pas osé écrire un Business plan dans la même logique.

Il en va de même pour vous. C’est ça, s’interdire l’autocensure. Réussir, c’est plus une question de foi que de calcul. Et c’est vraiment une condition sine qua non que d’avoir la foi en vous-même.

Se couper des bruits du monde pour mieux se ré-ouvrir au monde ensuite

Retenez donc ceci dans la base de votre Business plan : on se fout de ce que les profs du BPJEPS, votre mère, votre banquier, vos amis, le champion du monde de Step ou quiconque pense. Écrivez votre rêve, et obligez-vous à être complètement fou à vos propres yeux.

Dans le dressage social, éducatif, professionnel et culturel, nous avons tous appris à être raisonnables, et pire, désappris à être déraisonnables, et c’est bien la plus grande cause de mort lente que je vois autour de moi chaque jour. Comme le disait Jacques Brel, « il est urgent de ne pas être prudent ».

À la fin de votre profession de foi, vous relirez vos pages et vous direz : « C’est complètement fou. C’est un rêve de gosse. Le monde ne fonctionne pas comme ça. Je n’y arriverai jamais. »

Là, vous saurez que vous êtes bien parti.  Mais si !  Faites-moi confiance. Nous sommes maintenant prêts à décliner votre rêve général en une stratégie.

La stratégie : un mot galvaudé mais pourtant indispensable

La stratégie c’est… Un coup de balai pour s’éclaircir les idées

La stratégie, c’est le tri à opérer dans votre Businessplan parmi les grandes façons de faire votre métier, entre celles qui vous rapprochent et celles qui vous éloignent de l’objectif.

C’est aussi simple que ça et ça n’est pas autre chose.

Nous ne sommes pas ici dans les détails opérationnels du Business plan, ça, c’est pour après. L’objectif était votre boussole pour le X qui indique le trésor, la stratégie, c’est la carte qui indique les points cardinaux.

Si le X est au Nord, alors tout ce qui vous emmène à l’Ouest, à l’Est, au Sud, ou sur Saturne, dehors !

Se tenir à sa stratégie de Business plan à tout prix

Si vous avez décidé que vous voulez travailler peu pour gagner beaucoup, alors, même si l’opportunité se présente de bosser pour 15 € de l’heure dans une MJC (Maison des Jeunes et de la Culture), vous ne devez même pas perdre une seconde à y réfléchir : la réponse est non, même si en ce moment vous gagnez 500€ par mois.

Cela reviendrait à vouloir monter un restaurant étoilé au Michelin et d’envisager sérieusement de se fournir en viande chez le même abattoir qui approvisionne une chaîne de fast-food, simplement parce qu’en ce moment, il y a une promotion : non, non et non ! (Vous comprenez bien sûr que je ne suis pas en train d’insulter les MJC).

Marshall McLuhan, un des plus grands théoriciens de la communication des années 60, a dit un jour une chose que je vous conseille d’appliquer dans tous les domaines de la vie : « Faites les choses prioritaires en premier, et les autres, ne les faites pas du tout ».

La liberté dans le Business, c’est apprendre à dire « NON »

Si vous voulez que votre entreprise soit bien un moyen d’atteindre votre rêve grâce à votre Business plan, celui que vous avez écrit dans l’objectif, alors vous devez ignorer totalement ce qui est sans importance. Et tout ce qui n’est pas écrit dans l’objectif est sans importance. Pire, c’est dangereux.

Je vais faire exprès d’utiliser cette image provocante, mais en gros, choisir une stratégie qui vous fait déroger de votre objectif de Business plan sous prétexte qu’elle aurait de bons côtés « elle aussi », c’est à peu près comme de commencer à draguer une fille croisée dans la rue alors que vous êtes marié, simplement parce qu’elle est attirante « elle aussi ».

Disons que si l’on compare votre réussite professionnelle souhaitée à votre mariage… Ça sent le divorce – et ça sera de votre faute. Et bien, ne pas se tenir à sa stratégie de Business plan, c’est pareil – et à peu près aussi grave en matière de plantage prévisible.

Concevoir une stratégie de Business plan, c’est être honnête et faire un choix

D’où la nécessité de l’écrire de tout son cœur, de manière exhaustive et très sérieusement. Si vous le faites bien, vous en passerez des nuits blanches. Vous en pleurerez. Et c’est nécessaire. Toute démarche de création nécessite de s’arracher la cervelle et d’aller fouiller au fond de soi, en se heurtant parfois à des choses qu’on aurait aimé ne pas réveiller. C’est parfait : c’est comme ça qu’on les résout, en agissant.

La stratégie du Business plan, c’est en effet la réponse à la question : « Que puis-je créer pour atteindre mon objectif ? » ; Et j’ai bien dit « Que puis-je CRÉER » ! Interdiction de vouloir étudier ce qui fonctionne et de commencer à tenir compte du monde : il n’existe pas !

Vraiment, il n’existe pas. Je sais, je vous en demande beaucoup, mais restez avec moi, et souvenez-vous que si ça a l’air stupide, mais que ça marche, ça n’est pas stupide.

De la nécessité d’une « vision tunnel » volontaire au départ du Business plan

De la nécessité d’innover…

Interdiction formelle de « faire avec ce qu’on a » ou « d’être pragmatique », c’est le meilleur moyen de tuer le rêve. Ne faites jamais rien qui existe déjà. N’étudiez pas le terrain – c’est trop tôt !

Même si vous deviez finir par reproduire un Business plan qui existe et qui fonctionne, parce que ça vous correspond, il faut qu’il soit l’aboutissement d’une démarche personnelle que vous vous serez appropriée, et jamais la résultante d’une fausse stratégie du style : « ça, ça a l’air de fonctionner, parce qu’il ou elle l’a fait et ça marche, donc je vais faire pareil ».

Autrement dit, si l’objectif est « Qui dois-je devenir pour être heureux ? », alors la stratégie sera : « Qui suis-je aujourd’hui ? Qu’ai-je à proposer pour aller vers ce qui me rendra heureux maintenant que j’ai trouvé ce que c’était ? À partir de qui je suis, comment vais-je devenir qui je dois devenir ? ».

… Et de révéler le sens profond de son projet.

Et en réalité, un Business plan, c’est la réponse à ces questions-là – le reste, ça n’est que de la gestion. Vous aurez remarqué à ce stade que nous sommes dans la psychologie et le spirituel, et que ce n’est pas un choix esthétique, mais une obligation. Or, vous vous attendiez peut-être à ce que je parle de comptabilité analytique, de marge brute d’exploitation, de seuil de rentabilité, de marketing viral ou que sais-je. Tout cela trouve sa place tout en bas du processus – jamais en haut.

Tout simplement parce que bouger pour bouger en faisant du sur-place tout en croyant avancer ne mène à rien. Il faut se poser la question du sens avant de faire quoi que ce soit, de penser à comment gérer quoi que ce soit, en rappelant que le mot « sens » a deux significations :la direction suivie et l’ensemble des idées qui justifient l’existence de la chose. Sans quoi… Je vous renvoie à la définition du fanatisme donnée plus haut.

La bonne nouvelle, c’est qu’une fois les grandes lignes du Business plan dessinés, il n’y a pas de mauvaises réponses, il n’y a que mille-et-une façons d’appliquer une stratégie. C’est ce qu’on appelle la tactique.

La tactique

Le choix d’un chemin (tactique) suivant une grande direction (stratégie) vers le X du trésor (objectif)

La tactique de votre Business plan, c’est la mise en application concrète de la stratégie parmi toutes les façons de faire possibles qui existent sur le terrain. Vous savez où est le X sur la carte, et quelle grande direction suivre pour trouver votre trésor.

Plusieurs possibilités s’offrent maintenant à vous : faire le tour de l’île par la plage pour ne pas se perdre, mais en prenant plus de temps, avec un risque sur les provisions ? Couper à travers la forêt pour tirer une ligne droite, mais sans savoir sur quoi on va tomber ? Chercher le village le plus proche pour embaucher un guide, en prenant le risque que tout le monde soit au courant qu’il existe un trésor ?

On rentre là dans les détails du Business plan, et c’est maintenant, et seulement maintenant, que vous avez le droit de commencer à tenir compte du réel, du contexte et de la configuration des choses. C’est pour cela qu’il n’y a pas de mauvaise ou de bonne réponse, seulement des choix qui doivent se décliner en arborescence logique et cohérente.

Fred a d’ailleurs produit sur le sujet quelque chose qui vous montre plusieurs possibilités.

Faire l’inventaire pour faire le bon choix dans son Business plan

De quelles ressources est-ce que je dispose ? Quelles sont mes faiblesses ? Mes atouts ? Quelles informations la réalité du terrain m’envoie-t-elle ? Voilà les questions à vous poser.

Si vous avez fait un tout petit peu de marketing, c’est dans cette phase qu’on établit le diagnostic « Forces/Faiblesses/Opportunités/Menaces » du Business plan. Autrement dit, c’est à ce moment qu’il faut étudier le terrain pour savoir quelle route prendre.

Cela demande donc de trancher, de se positionner, d’oser juger, pour arrêter une décision. Sans cela, vous êtes condamné à écouter tous les bruits du monde, avec une cacophonie indigeste comme résultat final au lieu d’une symphonie harmonieuse.

Exemple.

Je vous disais précédemment que j’avais choisi de ne pas faire de cours collectifs. Ce n’est pas un mouvement d’humeur, mais un choix stratégique. Pourtant, en cours de BPJEPS, tout le monde nous disait que sans la mention C, on ne trouverait pas de travail. En plus, j’AIME les cours collectifs. Et même, ça me manque. Je finirai par en redonner… QUAND JE CHOISIRAI DE REFONDER MA STRATÉGIE DE BUSINESS PLAN. Pas avant.

Se sentir libre et autonome dans son Business plan

Au lancement de ma société, j’ai décidé dans mon Business plan que même si le Step m’avait appris énormément sur moi-même et que ça m’amusait en fait beaucoup, ce n’est pas là que j’étais le meilleur. Le temps que je passerais à monter en compétence dans ce domaine ne serait plus disponible pour mettre en place immédiatement d’autres choses plus rentables dans lesquelles j’étais plus performant.

Soyons honnêtes, les gérants de salle comme les adhérents, qui sont souvent des adhérentes dans ce cas précis, préfèreront voir une jolie jeune fille de 20 ans et 50 kg remuer son popotin en rythme sur une estrade, qu’un barbu approchant la quarantaine avec son mètre quatre-vingt-dix et son quintal remuant le sien. (Arrêtez d’essayer de visualiser, vous allez saigner des yeux).

Ce que je viens d’asséner est parfaitement réversible. Ce n’est pas une vérité absolue, mais un choix de tactique dans un Business plan, parce que la stratégie imposait de trancher de cette façon. J’aurais pu aussi miser sur le fait que c’était justement parce que je n’avais pas du tout le profil théorique que ça aurait pu me faire sortir du lot de miser sur cette activité. C’est, je le répète, un choix stratégique, qui implique donc d’écarter du Business plan ce qui n’est pas choisi, sans critique, sans jugement péjoratif, calmement, sereinement mais fermement.

Revenir à ce que l’on a écrit pour savoir quoi faire

Si j’avais voulu faire du Step, je me serais éloigné de mon objectif de Business plan, car, mis à part le chorégraphe officiel de chez Reebok, je pense que peu sont payés 100€ de l’heure ou plus pour un cours de Step. Non seulement j’aurais été médiocre, mais je n’aurais d’autre part pas eu le temps, ni l’idée, d’intégrer une composante artistique autrement dans mes coachings… Alors que je le fais maintenant par les exercices de chant, de diction et de cris. Ce qui correspond à mon identité – et donc à mon Business plan.

Avec le recul, je peux vous dire que les clients, comme moi, pensons que j’ai bien fait (notamment parce qu’un ours faisant du patin à glace serait sûrement plus gracieux que moi en train de danser… Non, arrêtez d’imaginer – les yeux, le saignement, on en a déjà parlé, vous vous faites du mal ! 😊).

Vous trouverez ici une interview donnée par Fred qui illustre bien le fait que les possibilités sont infinies parmi toutes les tactiques possibles, même quand elles paraissent trop belles pour être vraies.

À présent, nous voilà prêts à rentrer dans les considérations gestionnaires et quotidiennes, ce par quoi beaucoup de gens commencent leur réflexion, alors que c’est par là qu’il faut finir : la logistique.

La logistique

L’organisation sensée et optimisée des choses dans votre Business plan

Dans le management, la logistique représente un boulot à part entière : le supply chain management. Autrement dit, la gestion optimale de tous les moyens disponibles pour faire transiter et stocker l’ensemble des ressources avant leur utilisation afin d’atteindre l’objectif du Business plan.

Si je reprends mon exemple : vous êtes sur votre île, direction le Nord, et vous avez décidé de vous la jouer « The Rock dans Jumanji » en coupant à travers la forêt. Vous me plaisez de plus en plus, décidément 😊. Mais… Avez-vous emmené une gourde avec de l’eau ? De bonnes chaussures ? Un kit de secours ?

Si la réponse est non et que dans votre paquetage, vous avez plutôt un spray anti-requins, des rames et de la crème solaire, alors :

  • 1) vaut faire le tour en longeant la côte,
  • 2) Mais qui a fait votre sac, sérieux ?!
  • 3) Et si vous avez pensé « Batman, 1966 » quand j’ai parlé de spray anti-requins, vous êtes un geek irrécupérable et vous avez toute ma sympathie. (Allez, pour ceux qui ont des loisirs normaux, la référence est ici ).

Assurer la gestion n’est que la dernière branche de l’arbre

C’est ça, la logistique d’un Business plan : la bonne vérification des derniers détails concrets avant de se lancer dans ce qu’on a choisi, et le maintien d’une vigilance en cours de route pour arriver au bout. C’est seulement à cette étape que les considérations comptables, juridiques, communicationnelles et autres (comme les spraysanti-requins ou savoir si on va monter une micro-entreprise ou une EIRL)rentrent en jeu.

Or, pour beaucoup de coachs qui se lancent sans avoir la moindre idée de tout ce dont je viens de parler au sujet du Business plan, qui vous donne au moins un paysage d’ensemble, que se passe-t-il ?

Ils font tout à l’envers, non pas par bêtise, mais par méconnaissance de la méthode du Business plan. Ils partent de ce qu’ils peuvent directement percevoir, du fameux « concret » si trompeur, poussés par une précipitation et un enthousiasme qui en fait, les perdront.

« Tenir compte du réel » sans savoir pourquoi, n’est PAS pertinent !

Ils envoient des CV autour de leur lieu d’habitation, ou restent dans leur structure de stage du BP, et s’adaptent à ce qui est proposé…Ce qui revient à attaquer un Business plan par la logistique, ou, si vous voulez, à commencer à construire une voiture en se souciant en premier de la couleur de la carrosserie avant de penser au moteur. Ce qui a pour aboutissement de vous faire rejoindre, après quelques mois ou années et un crève-cœur qui fait peine à voir, la foule des presque 3 coachs sur 4 qui arrêtent tout pour devenir vendeurs de basquettes, dans un magasin de sport parce qu’ils tirent le diable par la queue en permanence. Et ça, c’est triste, si ça n’est pas un choix, mais une condamnation.

Mais pourquoi, au sortir du BP, commencer à faire des cours de Body Attack ou de CrossFit, simplement parce qu’un employeur potentiel l’exige, et prétend que tout le monde fait, et doit faire ça maintenant… Si vous êtes une institutrice de 40 ans, en reconversion, et que vous pourriez en fait réutiliser toute votre expérience pour devenir une prof de stretching /relaxation fantastique ?

Eh oui : de par votre vie professionnelle précédente que d’autres n’ont pas et que vous pourrez réinjecter dans votre pratique, vous établiriez un Business plan qui mènerait à l’originalité et au succès !

Être son propre patron, c’est plus souvent décider que s’adapter

C’est en fait à cela que sert un Business plan : ne pas être constamment celui qui s’adapte, c’est-à-dire celui qui ne choisit pas. Faire ce qu’on fait parce qu’on sait que c’est cela et pas autre chose qu’il faut faire, pour aller là où on a décidé qu’on irait, sans errer au hasard.

Un Business plan ne « s’adapte pas » : il se suit, se respecte, se défend, se chérit, comme une personne qu’on aime et que donc, on ne cherche pas à changer pour « mieux l’adapter » au monde. Et là, tout devient possible, parce qu’il y a autant de Business plans envisageables que d’individus.

Vous pourriez très bien avoir 55 ans et devenir entraîneur de MMA en tapant sur des pneus de tracteurs avec une masse de chantier… Tout est possible ! Mais il ne faut pas que ça soit le fruit du hasard, des réponses aux offres d’emplois ou des aléas de la vie. Sinon, vous êtes un salarié, et il n’y a rien de mal à cela, mais la question du Business plan ne se pose plus.

Et s’il y a bien une chose que j’ai constatée pendant toutes ces années où je n’ai jamais été salarié, en dehors de cas de figure ponctuels particuliers, c’est que les entrepreneurs qui se plantent sont ceux qui ont gardé une logique propre au salariat. Souvent parce qu’ils ne savent pas ce qu’est, en réalité, un Business plan.

À l’aventure, compagnons !

Conclusion : la chasse au trésor est ouverte ! Mais attention à bien préparer votre expédition, grâce à votre Business plan.

Et si vous tombez sur ce qui ressemble de loin à un ours faisant du patin à glace, du coup vous saurez que c’est juste moi qui ai décidé de changer de stratégie et qui tente de faire un Step Master Class à 165 BPM. Arrêtez de vous marrer… Déjà, j’ai ma fierté, comme tout le monde. Et puis, passez dire bonjour et faire un bloc ou deux : l’Eldorado peut bien attendre un peu…

Car pour les rêveurs, il sera toujours accessible, d’une façon ou d’une autre ! Et j’espère vous avoir donné quelques clés pour le découvrir.