En général, j’ai naturellement des idées qui me viennent pour écrire dans la section « L’Après BPJEPS ». Tout ce qui concerne le management, le lancement de sa boîte comme coach indépendant, tout ça, c’est mon truc.

Mais aujourd’hui, je vais écrire pour ceux qui sont en formation actuellement, et qui ont besoin d’aide parce qu’ils sont dans un stage catastrophique, que nous appellerons « stage-catastrophe ». C’est un article assez personnel, dans le sens où, il n’y a pas si longtemps, j’aurais aimé pouvoir lire ce que je m’apprête à écrire.

J’espère ainsi aider mes futurs confrères et futures consœurs en difficulté dans un stage-catastrophe. Faites-vous un bon café, on en a pour un moment, le temps de parler de contes de fées, de négociation, de capitulation, de bataille, de victoire, avant de finir en cueillant des fleurs dans la boue sur un petit âne. Mais si !

Il était une fois, au fond du Jura…

Une première tentative ratée

Je vais vous raconter une histoire. Celle d’un type qui décide de franchir le pas pour tenter de vivre de sa passion à 30 ans passés, après presque deux décennies de pratique passionnée, dans un contexte où beaucoup de voyants sont au rouge.

Nous sommes en 2015, et ce gars vient de passer deux ans à bosser à mi-temps pour pouvoir utiliser le reste de ses journées à s’entraîner et plancher sur des bouquins pour devenir coach sportif. Pendant deux ans, il n’a fait que ça de sa vie, pour ainsi dire. Il se sent prêt. Il ne sait même pas encore ce qu’est un stage-catastrophe.

Il décide de s’inscrire au concours d’entrée du BPJEPS AGFF mention D dans le centre le plus proche de chez lui. Tout se passe à merveille… Jusqu’à l’entretien d’entrée. L’un des membres du jury le prend en grippe sur une question de détail au sujet d’une discipline, à propos de laquelle ce juré est très partial idéologiquement. Sans surprise, notre bonhomme échoue lamentablement.

S’ensuit une période de découragement et de frustration, difficilement surmontée, avant de retenter l’année suivante, cette fois-ci dans un CREPS formant à la mention C & D. Fort de l’expérience précédente, notre petit gars est cette fois-ci accepté… Et va droit vers son stage-catastrophe.

Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup de coachés… Ou pas.

Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes,
à un petit détail près. Notre gaillard habite dans le Jura et vient d’entrer en
formation en Lorraine. Par chance, il peut loger dans la maison familiale, en
Lorraine justement, pendant son année de formation, et il dégotte même un stage
dans la seule salle de fitness de sa petite ville natale. En effet, dans la
grande ville où se situe le CREPS, tous les stagiaires sont déjà positionnés
dans les grosses salles et personne ne le connaît.

En plus, un détail apparaît, qui aura son importance pour la suite de ce que j’ai à vous dire sur la gestion du temps et de la fatigue pendant l’année de formation, surtout en cas de stage-catastrophe. La ville natale de notre futur coach potentiel, et donc son lieu de stage, se trouvent à 75 km, soit plus d’une heure de route départementale, de son centre de formation.

L’année de formation démarre… Et avec elle, le stage-catastrophe.

Ah oui, d’abord, un « détail » : dans toute histoire, il y a un dragon à vaincre

Un ennemi inattendu…

C’est à ce moment que le tuteur de stage-catastrophe de notre homme entre en scène pour montrer son vrai visage : mépris, humiliation, travail de sape, harcèlement moral au travail et vision du métier qui fait halluciner même les profs du CREPS.

Des exemples ? Voici « quelques » exercices interdits par le tuteur (qui est aussi le gérant de la salle dans notre histoire) : haltérophilie, squat, soulevé de terre, force pure trop démonstrative (travail sérieux, en gros), biceps curl debout, développé-nuque. Et ce, quelle que soit la charge. La raison évoquée ? La sécurité, bien sûr. Idéal, le stage-catastrophe, pour se préparer aux examens…

En revanche, concernant le fait de dire à son stagiaire qu’il sent aussi mauvais qu’un clochard quand il transpire et qu’il ressemble à un clochard quand il se laisse pousser la barbe, aucune justification ne paraît nécessaire aux yeux de notre tuteur de stage-catastrophe. Ah oui, j’avais oublié de vous préciser, où avais-je la tête ? Dans notre univers fictionnel, il est « bien évidemment » interdit de transpirer dans une salle de sport – transpirer, c’est sale. Logique…

Et particulièrement virulent !

Ajoutons à cela le refus catégorique de notre tuteur de
rester 15 minutes montre en main avec son stagiaire, pour, dès le mois de
novembre, l’aider à se préparer à l’Annexe 4 (animation et sécurité en cours
collectif) sur UN SEUL bloc de Step.

Petite touche finale : notre tuteur de stage-catastrophe se trouve être un copain de 30 ans du directeur adjoint du centre de formation de notre « héros ». Le rapport de force concernant le niveau de crédibilité du discours de chacune des deux parties en cas de problème est donc « très légèrement » inéquitable au départ. Je pourrais encore vous en raconter… Mais le tableau est dressé.

Et ils vécurent heureux…

Parce que les gentils gagnent à la fin

De rage et d’impuissance, notre protagoniste a passé une année sympathique en stage-catastrophe et à plusieurs reprises, est passé à deux doigts de tout plaquer – y compris la tronche de son tuteur contre un mur de briques. Mais à la fin, sur 12 élèves de la session 2016-2017 du BPJEPS AGFF, il a fait partie des 6 qui ont eu toutes leurs UC du premier coup, sans rattrapage. Et il s’est juré que pour tout le reste de sa carrière,
jamais il n’oublierait ce qui s’était passé dans ce qu’il baptisera un
« stage-catastrophe », parfait exemple de l’inverse de ce qu’il
fallait faire pour exercer ce métier en authenticité et en bienveillance.

Ce type, vous l’aurez deviné, c’est moi, et ce stage-catastrophe, c’était celui de mon année de BPJEPS.

Et si je vous raconte tout ça, ça n’est pas pour faire pleurer dans les chaumières, mais bien pour que vous vous rendiez compte que même si vous êtes tombé dans un stage-catastrophe, il y a une lumière au bout du tunnel. Si la version physique des burpees et des dips sert respectivement à se remettre debout le plus vite possible depuis une position à plat ventre et à sortir d’un trou profond, sachez qu’il existe en quelque sorte une version mentale de ces exercices. Et elle sert elle-aussi à sortir du bourbier d’un stage-catastrophe et à se tenir debout à nouveau.

Nan mais !

Mais trêve de pathos, on n’est pas là pour donner dans la pleurniche et l’excuse. Votre stage est pourri ? C’est un stage-catastrophe ? Au vu de ce qu’a été le mien, et étant donné que je ne suis pas un super-héros mais un type normal, si j’ai pu y arriver, vous pouvez réussir aussi !

Grâce à ce qui suit, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour, si vous vivez un stage-catastrophe, avoir votre diplôme quand même.

Négocier : ce n’est pas ce que vous croyez

Apprendre à gérer les communications conflictuelles au travail

En dehors du cadre du monde particulier du fitness et du BPJEPS, nous sommes là dans quelque chose de bien plus large. Cette chose peut vous pourrir la vie dans des proportions graves, s’il vous manque les outils pour la gérer : la communication dans le monde du travail. (C’est valable en stage-catastrophe, en stage normal ou dans un « vrai travail »).

Souvent, les gens au travail font le raisonnement
suivant : « Bon. Je suis adulte, et pas né de la dernière pluie. Je
sais qu’il ne faut pas tout dire au travail, faire attention à ce qu’on dit, à
qui on le dit, et comment. Ça n’est pas du mensonge, c’est de l’astuce
et de la maturité ».

Oui… Et non. C’est quand même du mensonge. Et de la lâcheté, un peu. Parce qu’en général, quand on se raconte à soi-même qu’on fait « juste un compromis », ça finit toujours en compromission, et c’est alors à soi-même qu’on fait du mal en premier. Et au sein d’un stage-catastrophe, croyez-moi, vous n’aurez pas besoin de rajouter des difficultés.

Dire la vérité au travail… Vraiment ?

Mais alors, me répondrez-vous, comment gérer un
stage-catastrophe ? On ne va pas naïvement et bêtement dire tout ce qu’on
pense frontalement pour que quelqu’un le retourne contre nous ? (Ce qu’une
personne malveillante ne manquera pas de faire).

Et vous avez raison. Il ne faut pas faire ça.

Mais en même temps, vous avez tort. Celui ou celle qui vous pose problème dans votre stage-catastrophe n’est pas totalement idiot, et saura repérer les demi-vérités et les mensonges blancs, puisque cette personne passe elle-même son temps à les utiliser. Donc, en allant sur son terrain, vous entretenez le problème.

Et, si vous êtes vous-même quelqu’un de plutôt honnête et que vous vous obligez à devenir un menteur amateur pour la circonstance, contre un professionnel, vous perdrez ! Tout simplement parce que l’école dans laquelle vous avez appris à mentir, c’est des personnes comme elles qui l’ont construite – d’où le fait que les stages qu’elles chapeautent sont des stages-catastrophes.

Communiquer au travail est simple – mais pas facile ! L’exemple d’Aladdin

Rappelez-vous Aladdin, le dessin animé de Disney, quand le héros est torturé par le fait de mentir à la princesse Jasmine en lui faisant croire qu’il est un prince. En effet, s’il lui avoue qu’il est un mendiant, il craint de la perdre, mais en construisant une relation basée sur le mensonge, il est sûr qu’il la perdra. Et que lui dit le génie ? « Dis-lui… La… Véritééééééééééé ! »

(Ici, il faut m’imaginer en train d’imiter le génie… Ca fait beaucoup rire mon chien 😊).

Il n’a pas tort, notre génie, mais personne n’a prétendu qu’il n’existait qu’une façon autodestructrice et caricaturale de faire les choses ! Il s’agit d’être RADICAL, pas EXTRÊMISTE… Surtout dans un stage-catastrophe. Radical vient du latin radix, qui veut dire « racine ». Être radical c’est donc aller au fond des choses en vérité et en authenticité, et c’est donc l’inverse de l’extrême, qui n’est pas à la racine, au centre, au cœur, mais tout au bout, par définition. C’est d’ailleurs pour ça que les comportements extrêmes sont dysfonctionnels : tout au bout, on bascule, on ne rééquilibre pas.

Comment donc dire honnêtement et radicalement les choses dans votre stage-catastrophe, sans vous tirer une balle dans le pied ?

En apprenant à négocier.

La négociation : une compétence indispensable dans un rapport de force inéquitable

Dans votre stage-catastrophe, vous partez perdant ; vous avez besoin du patron de la salle pour valider votre année, il n’a pas besoin de vous. Sans lui, pas de diplôme, mais sans vous, sa boîte continue de tourner. Tout est donc perdu ? Faux ! (Je le fais moins bien que Norman, je sais).

Il faut NÉGOCIER. Surtout si vous êtes dans une situation de stage-catastrophe.

Négocier n’est pas vaincre, mais convaincre

Généralement, on se fait une fausse idée de ce qu’est une négociation. On imagine que deux personnes ayant des intérêts opposés vont faire semblant de se parler courtoisement, en costume-cravate, autour d’une table… Alors que chacun n’en pense pas moins et veut tromper l’autre pour son propre bien. On imagine qu’au final, le meilleur négociateur va réussir à manipuler l’autre dans le sens qu’il veut pendant que l’autre en question croira être celui qui gagne, justement… Alors qu’il est en train de se faire avoir.

Ce spectacle tragique existe, en stage-catastrophe comme ailleurs, mais ça n’est en rien une négociation, c’est une tentative de manipulation qui aboutit. Et ça n’est clairement pas la même chose.

On combat contre quelqu’un, on manipule au détriment de quelqu’un… Mais on négocie avec quelqu’un !

Négocier n’est pas traiter des intérêts opposés, mais divergents, ce qui veut dire qu’ils ont à la base un tronc commun avant que chacun ne parte sur sa branche séparée. Et négocier, c’est donc retrouver avec l’autre, et non pas contre l’autre, le tronc commun, celui où l’on peut travailler ensemble et pas malgré l’autre dans l’attente de le trahir à notre profit.

En stage-catastrophe, les choses ont une chance d’être rattrapables, et cette chance, il faut impérativement la saisir, pour votre propre bien. On ne sait jamais, le stage-catastrophe a une possibilité de redevenir un stage normal. Et c’est quand même beaucoup plus agréable que les relations que nous sommes contraints de maintenir soient le moins conflictuelles possibles.

Cela n’implique pas que l’on apprécie la personne ou même qu’on soit d’accord avec, en général. C’est justement parce que l’on n’est pas d’accord en général qu’il faut trouver les points particuliers où l’on pourra l’être. Et cette partie se joue selon des règles.

L’Art de la Guerre… Des nerfs

Je ne vais pas vous embêter avec les grands classiques de la littérature stratégique dont les requins de la finance sont si friands, les Sun Tzu, Clausewitz et autres Musashi. Si vous aimez lire, cela dit, foncez ! Ce sont des livres fondamentaux pour la culture générale et pas inutiles pour gérer un stage-catastrophe.

Concentrons-nous sur la communication non-hostile pour le moment, et là, je vais vous conseiller un classique qui fera très plaisir à Fred, La Bible de la communication par Dale Carnegie, mais aussi un moins connu mais très important également.

Et là vous vous dites : « Bon, il se calme l’intello de service, là, avec les bouquins ?! ».

Ok, ok, ça fait bien assez de conseils de lecture. Mais je vais quand même vous présenter 5 règles de négociation essentielles du dernier bouquin, celui de Peyton Quinn, qui sont piles dans notre sujet. Par ailleurs, le livre n’ayant pas été traduit, ça vous permettra d’utiliser ce savoir qui pourrait bien sauver votre stage-catastrophe, même si vous ne lisez pas l’anglais.

De rien 😊.

Règle N°1 : NE PAS IGNORER LA MENACE

Dans l’appellation « stage-catastrophe », le mot important, c’est « catastrophe ». Il se passe EFFECTIVEMENT quelque chose de moche. On revient à Aladdin (c’est plus accessible quand je fais référence à Disney qu’à des tas de bouquins compliqués, je sais 😊) : ne faites pas comme si de rien n’était. Ne faites absolument rien où vous vous sentiriez lâche à vos propres yeux de l’avoir fait, après coup… N’entrouvrez jamais cette porte, même pas d’un millimètre.

Pour résoudre un problème, il faut avant tout être bien au clair sur le fait qu’il y en a un, et le faire savoir au principal antagoniste, c’est-à-dire le tuteur de votre stage-catastrophe. Cela a l’air évident… Ça ne l’est pas.

Combien de fois avons-nous tous, par défaut et en se sentant
honteux ensuite, dit bonjour au travail avec un sourire crispé à quelqu’un qui
nous posait problème ? Problème qui du coup n’a fait qu’empirer pour finir
en marécage inextricable ? Cela n’est jamais la solution !

Donc, dites à votre tuteur de stage-catastrophe qu’il y a un problème.

Règle N°2 : NE PAS INSULTER L’ADVERSAIRE

Un sourire poli peut être vécu comme une insulte

Ne riez pas, là encore, ça n’est pas une évidence, surtout
dans le cadre d’un stage-catastrophe et dans le milieu du fitness, plein de
jeunes hommes remplis de testostérone et prompts à en découdre… Par ailleurs,
un adversaire peut se sentir insulté même si vous n’employez pas un langage
grossier. Et c’est bien là la difficulté : que vous l’insultiez ou non, de
manière directe ou dissimulée, l’important c’est qu’il ne se sente pas
insulté, que vous l’ayez effectivement insulté ou pas !

Et il peut même vous tendre un piège dont le but est que vous l’insultiez, pour qu’il puisse ensuite vous faire passer pour le méchant de l’histoire. Qui veut piquer son chien l’accuse de la rage…

Celui qui vous nuit prouve par là qu’il sait comment nuire

Un adversaire de mauvaise foi et de mauvaises intentions fera tout pour vous pousser à la faute, parce qu’à partir du moment où vous êtes celui qui insulte, qui crie, qui calomnie, plus personne n’a envie de vous croire.

C’est une programmation sociale conditionnée, en stage-catastrophe comme dans la vie : quand on voit plusieurs types taper sur un seul, on est du côté de celui qui est tout seul. Et quand on voit quelqu’un crier des injures, on éprouve un sentiment inconscient de rejet pour la violence que l’offenseur véhicule… Et inconsciemment les témoins de la scène ressentiront de l’empathie pour la personne insultée.

Mais tout cela ne dit rien sur le bien-fondé du comportement qui, a priori, nous choque.

De la nécessité d’une prise de recul…

Parce que si ça se trouve… Celui qui crie des insultes est un stagiaire subissant un harcèlement moral dans un stage-catastrophe et qui, n’en pouvant plus, explose contre son tourmenteur.

Si ça se trouve, le type par terre tout seul vient de tenter d’agresser une gamine et le groupe de gens qui lui flanque une correction, c’est le père de la gosse et trois voisins.

Le méchant dans l’histoire n’est pas toujours celui qu’on croit dans la précipitation du regard premier immédiat.

Allez, avouez-le : vous n’aviez pas pensé à ça, de but en blanc, n’est-ce pas ? Or, un adversaire malfaisant sait que vous n’y aviez pas pensé, parce qu’il sait comment jouer sur l’inconscient collectif. Et il s’en servira contre vous.

… Au développement d’outils utiles aux futurs clients

Si je vous donne l’impression de m’éloigner du sujet, sachez qu’il n’en est rien. Dans mon activité de coach, j’interagis avec une majorité de clients qui sont en souffrance forte ou légère parce qu’à la base, s’ils estiment leur corps déréglé, c’est parce qu’il s’est passé une chose « négative » dans leur vie. Le problème n’est pas réservé au stage-catastrophe… Et neuf fois sur dix, ce « quelque chose qui cloche » est lié à une relation humaine toxique dans laquelle le client se sent emprisonné. Tout, au sein de cette relation vampiriste, est hypocrisie, faux-semblant, inversion accusatoire et réécriture perverse à l’envers de la réalité. Savoir déminer cela en soi-même, c’est aussi le repérer – et pouvoir peut-être le résoudre – chez vos futurs coachés qui en seraient victimes.

Alors… Retour au calme, comme on dit à la fin des cours co’ ! Restez zen. Soyez toujours d’une correction et d’une courtoisie irréprochables. Déjà, ça énervera le responsable de votre stage-catastrophe, et ensuite, ça vous fera du bien (j’ai testé pour vous, ça fonctionne).

Règle N°3 : PAS DE DÉFI

Règle du casino : « the house always wins »,
autrement dit, « le casino gagne toujours à la fin ».

Votre tuteur de stage-catastrophe, c’est le casino, et vous,
le pigeon qui sortez tout nu dans un tonneau avec le goudron et les plumes dans
Lucky Luke… Si vous faites la bêtise de jouer.

La seule façon de gagner une partie truquée c’est de ne pas s’asseoir à la table. Si vous laissez votre orgueil prendre le dessus, que vous tentez de prouver que vous avez raison et lui tort, que vous aussi, vous connaissez le métier, et que « on va voir ce qu’on va voir »… Foutus vous êtes. Parce que la partie EST truquée.

L’objectif est d’avoir votre diplôme pour être débarrassé de ce qui vous tracasse, pas de faire entendre raison à quelqu’un qui, manifestement, ne vous veut pas du bien et n’est pas ouvert au dialogue. N’allez donc jamais sur le terrain de « qui a raison » et « qui a tort » dans votre stage-catastrophe, c’est un piège.

Règle N°4 : LAISSER TOUJOURS UNE PORTE DE SORTIE HONORABLE

Dans l’espoir où vous pouvez calmer le jeu dans votre stage-catastrophe, il faut toujours laisser à l’adversaire une occasion de sauver la face. Déjà pour calmer le jeu, et ensuite parce que ce simple geste de bonne foi qui prouve que vous cherchez la paix et pas la guerre peut désamorcer beaucoup de choses.

Par exemple, si votre tuteur de stage-catastrophe est exécrable avec vous, il y a des chances pour que les adhérents le remarquent, voire soient de votre côté pour certains, et le fassent savoir… Ce qui peut vous compliquer la vie si votre tuteur se vexe parce que les gens vous préfèrent à lui.

À vous de savoir dédramatiser en souriant, être le premier à rappeler que chacun fait à sa façon et que les gens ont tous des affinités différentes, que cela n’est pas une sanction

Soyez magnanime et « classe » là où l’on ne l’est pas avec vous, ne serait-ce que pour la légitime fierté que vous pourrez retirer d’être sorti par le haut de votre stage-catastrophe.

Ne jouez jamais à « mesquin, mesquin et demi ».

Comme pour le mensonge, avec un adversaire capable de monter au niveau « mesquin x 10 000 » (une sorte de Super Saiyan maléfique, comme dans Dragon Ball Z 😊), vous n’auriez aucune chance.

Règle N°5 : TOUJOURS OBLIGER L’AUTRE À PRENDRE UNE DÉCISION

C’est peut-être la règle la plus fondamentale, surtout dans un stage-catastrophe. En effet, c’est celle qui permet de retrouver le fameux tronc commun évoqué plus haut. N’hésitez pas à rappeler à votre tuteur qu’à la base, vous voulez tous les deux que tout se passe au mieux dans la salle, pour lui, pour vous et votre diplôme, et pour les adhérents. Si les gens sentent une ambiance délétère entre le patron et son apprenti, vous pourriez perdre des clients : voilà un point commun que vous avez tous les deux et qu’il faut mettre en avant : aucun de vous deux ne veut cela !

« Et alors, patron… Qu’est-ce qu’on fait ? ». Cette phrase est une arme.

Car c’est SA société. (Je pars du principe que le tuteur et le gérant sont soit de connivence, soit la même personne). Alors que vous n’êtes qu’un stagiaire. Et là, le rapport de force s’inverse. (Technique apprise à l’armée dite du « dans le doute, toujours se faire plus bête qu’on ne l’est, ça marche à tous les coups » 😊). Plus sérieusement, négocier en terrain hostile, c’est attendre. Attendre que ça soit l’autre qui bouge : il croira nous avoir surpris, mais il ne fait rien d’autre que ce que l’on voulait qu’il fasse, et à quoi on s’était préparé. Dans un stage-catastrophe, ça n’est pas un détail.

Règle d’or : Et si ça ne marche pas… ?

Les méthodes qui ratent nous donnent une information

Au bout des négociations, vous n’aurez peut-être pas une solution pour votre stage-catastrophe, mais vous aurez une réponse. En effet, à ce stade, soit le malentendu est éclusé et vous pouvez trouver un terrain d’entente vivable pour la durée du BPJEPS, soit la négociation a échoué, parce que seule l’une des deux parties souhaitait qu’elle aboutisse – vous.

Le cas échéant, tout n’est pas perdu. Il est temps de passer à l’action, soit en capitulant (en allant trouver une autre structure de stage pour changer votre stage-catastrophe en stage normal – ce qui n’est pas forcément synonyme de défaite, mais parfois de repli stratégique), soit en écrasant l’adversaire. Oui, ça peut vous choquer. Mais la phrase n’est pas gratuite.

« Pour aller loin, parlez doucement et portez un gros bâton »

Cette phrase de Theodore Roosevelt a au moins le mérite d’être claire.

Quand les négociations échouent, c’est la capitulation ou la guerre, puisque vous venez d’avoir la preuve que finalement, les intérêts sont passés de divergents à opposés, ou au moins incompatibles. Et pour dire l’essentiel de manière raccourcie, rendons grâce à Dwight Eisenhower de sa franchise : « Si vous décidez d’utiliser la manière forte, il y a une seule chose à ne pas faire : perdre ».

(C’était le quart d’heure américain, deux citations de Présidents U.S. en cinq lignes 😊).

Bien évidemment, je parle ici par métaphore. Je ne suis ni violent ni complètement fou, je ne vous conseille pas d’en venir aux mains.

Mais en tant que personne ayant un peu travaillé dans la sécurité, je sais que beaucoup d’individus interprètent la gentillesse comme de la faiblesse et un feu vert pour vous bouffer.

Donc il est temps d’arrêter d’être gentil si vous êtes tombé dans une stage-catastrophe.

Passer au cran supérieur

Mon objectif n’est pas de respecter les canons de la bien-pensance mais que vous ayez votre diplôme s’il vous arrive la même chose que ce qui m’est arrivé. Donc, « manière forte » veut dire « arrêter d’essayer de trouver un terrain d’entente et chercher maintenant à gagner ». Nous allons donc pousser d’un cran le protocole à mettre en place pour ne pas vous faire ratatiner par des abus en cas de stage-catastrophe.

Et après ce long détour nécessaire sur la gestion des conflits, nous allons entrer dans le concret. Qui sait, peut-être que tout ça vous servira un jour, en dehors même du cadre de votre diplôme ou de votre métier ? Si ça peut être utile, faites-en bon usage. À présent, étudions pour commencer les méthodes de sortie douces d’un stage-catastrophe.

« Capituler » pour gagner : changer de structure de stage

C’est certainement la première idée qui vous viendra en tête et qui vous sera suggérée par le responsable de la formation en centre quand il se rendra compte que votre stage est un stage-catastrophe. En général, c’est la bonne solution, la plus simple et la plus efficace.

Mais pour cela encore faut-il que vous ayez votre diplôme à la fin de la formation ! Voici donc les points à étudier avant de décider de quitter votre stage-catastrophe pour de meilleurs horizons.

La question des distances, du temps de trajet, de la fatigue et du calendrier

Si vous n’avez pas oublié le début de l’article, je vous avais invité à garder en tête cette problématique dans la situation d’un stage-catastrophe. On pourrait penser que c’est avant tout le meilleur contenu d’un stage et le meilleur tuteur du nouveau stage qui seraient la raison principale, voire unique, de changer votre stage-catastrophe pour mieux.

En fait, pas du tout : un contenu imparfait peut se rattraper en centre de formation et/ou par du travail personnel (on y viendra dans la suite de l’article). En revanche, rajouter une heure de voiture matin et soir, voire plus, pour passer d’un stage-catastrophe à un meilleur stage, mais à 50 km de là, c’est vraiment dangereux.

Voilà votre véritable ennemi : la fatigue.

Votre principale ressource pendant la formation : votre énergie disponible

Ne pas s’épuiser = ne pas se blesser = avoir une chance de diplôme

Cela ne vous aura pas échappé si vous êtes en ce moment en cours de BPJEPS, surtout si comme moi vous préparez les deux mentions en une année scolaire, cette année-là, au niveau de la fatigue, ce n’est pas une blague… Surtout si vous rajoutez un stage-catastrophe. Au moment où cet article paraîtra, normalement, vous aurez presque passé le plus dur (janvier-février) et attaquerez la préparation des examens – courage !

Mais, étant en train de le vivre, vous vous en rendez bien compte : la principale chose à éviter à tout prix pendant la formation, plus grave encore que de rater une UC, c’est la blessure. Si vous vous faites une tendinite, une fracture de fatigue, ou n’importe quoi d’handicapant pendant plusieurs semaines, à ce stade de la formation, c’est la cata !

Ne changer de structure de stage qu’en cas de proximité

Aussi, pour ne pas vous blesser, vous devez ne pas vous
épuiser…
Et donc, ne changez votre stage-catastrophe que pour un stage
accessible qui ne vous emmènera pas encore plus dans le mur à cause des
distances et des temps de trajet, et donc du surplus de fatigue insidieux induit
sur le long-terme.

J’insiste parce que ça n’est pas intuitif : si vous
devez, pour sortir d’un stage-catastrophe, trouver une autre structure trop
chronophage ou trop énergivore, gardez votre stage-catastrophe.

Personnellement, c’est ce que j’ai fait, et avec le recul, je m’en félicite. Ce n’est pas faute d’avoir eu envie de quitter mon stage-catastrophe à plusieurs reprises, vous l’aurez bien compris… Mais les situations géographiques à prendre en compte (structure de stage, centre de formation et lieu de vie) rendaient la chose ingérable.

Changer tôt ou ne pas changer

Une solution qui n’en reste pas une si vous tardez

Normalement, vous saurez si votre stage est un stage-catastrophe en quelques semaines. Après avoir essayé toutes les manières de sauver la situation que nous avons vues ensemble, il se sera écoulé un mois ou deux. Si, à ce stade, vous avez la confirmation que vous êtes bien dans un stage-catastrophe que vous souhaitez changer, c’est maintenant ou jamais.

En règle générale, c’est également le calendrier que vos formateurs préconiseront en cas de changement de structure. Si vous commencez en septembre-octobre, il faut avoir quitté le stage-catastrophe et commencé ailleurs avant les vacances de Noël.

En effet, se réadapter à zéro à une nouvelle salle, un nouveau tuteur et de nouveaux adhérents deux mois avant les examens sera :

  1. compliqué humainement et techniquement pour vous et
  2. très mal vu de la part de votre jury d’examen.

La solidarité des coteries peut vous desservir

Autant vos jurés pourront entendre que vous quittiez vite un stage-catastrophe, autant ils penseront que si vous êtes resté six mois, c’est qu’en fait, c’était supportable, qu’il n’y avait pas tant de problèmes que ce que vous prétendez et que vous avez fait un caprice de star. Les membres du jury étant par ailleurs constitués par au moins un intervenant du monde du fitness professionnel sur trois, ils peuvent avoir une tendance naturelle à soutenir leurs pairs plutôt qu’un étudiant.

En effet, on peut penser que cet étudiant tente de dissimuler une insuffisance personnelle en mettant son échec sur le dos de son « méchant tuteur ». Et si un seul de vos jurés pense ça de vous le jour J, le stage-catastrophe a gagné, vous êtes mort. Si vous devez quitter votre stage-catastrophe, le timing est donc crucial.

Changer complètement, ou prendre un deuxième stage ?

Une solution possible en cas de stage-catastrophe est de
garder ce qui fonctionne et de transférer ce qui ne va pas ailleurs, autrement
dit, avoir deux stages simultanés : avoir deux stages en même
temps est le sujet d’un article à part entière auquel je vous renvoie
.

En revanche, si vous devez quitter totalement votre structure de stage-catastrophe, je vous déconseille de redémarrer deux stages simultanés à zéro, parce que le stress et la lourdeur de la situation risqueraient de trop vous peser. Cela dit, c’est un cas de figure que je ne connais pas, donc, qui sait ?

Quel que soit votre cas particulier, gardez simplement en tête une certaine prudence et conservez cette ligne d’autoprotection : on ne quitte pas un stage-catastrophe, on quitte une situation de stage-catastrophe… Donc il ne faut pas se retrouver dans une nouvelle situation sans stage-catastrophe mais qui sera quand même plus compliquée ou plus fatigante !

La question du contenu du stage

La question essentielle ? Pas sûr…

Intuitivement, la question du contenu du stage est celle que
l’on pourrait se poser en premier lors d’un stage-catastrophe : le seul
problème, c’est avant tout que l’on n’apprend rien, ou que l’on apprend mal ce
dont on aura besoin pour avoir le diplôme, notamment parce que ça ne se passe
pas bien avec le tuteur, non ?

Et bien… Non.

Ne pas remplacer une grande catastrophe par une plus petite !

Si votre stage est un tuyau par lequel passe un savoir que vous devez recevoir, alors la question du débit ne se pose que si le tuyau n’est pas bouché… Comme je vous le disais, nous allons parler en détails de comment rattraper ce que vous ne pouvez pas apprendre dans un stage-catastrophe, car des moyens existent – sinon, je n’aurais pas eu mon diplôme uniquement grâce à mon sens de l’humour approximatif 😊.

Mais la vraie question est : ce qui est apprenable à cet endroit est-il transmissible ? Si vous apprenez peu mais que vous apprenez quand même, vous devrez certes compléter tout seul, mais ce que vous aurez appris, vous l’aurez vraiment appris et vous le saurez. Ce savoir sera disponible et maîtrisé pour le moment où vous en aurez besoin, notamment pour les examens de fin de formation.

En revanche, si vous quittez un stage-catastrophe pour une
grosse structure « usine » qui propose à peu près tout ce qui existe,
où les tuteurs seront sympas, mais où vous devrez courir partout pour tout
effleurer sans rien approfondir, vous aurez tout survolé mais n’aurez rien
appris… Et vous aurez surtout remplacé les titulaires à l’accueil ou sur les
cours co’ pour lesquels ils ont oublié de préparer une grille de séance. C’est
aussi un excellent apprentissage mais ça ne doit pas être que ça pendant un an
non plus.

Donc, attention de ne pas quitter un stage-catastrophe pour un stage « acte manqué », mais de passer d’un stage-catastrophe à plus de catastrophe du tout.

Combattre : une réflexion à anticiper, une épreuve à encaisser

Bon. Nous y voilà. Les méthodes « pas douces ».

Vous avez tenté de communiquer et vous êtes tombé sur un mur. Puis vous avez tenté de négocier, mais on n’a pas voulu faire la paix avec vous. Enfin, vous avez tenté de vous replier pour éviter le conflit, mais aucun autre lieu de stage n’était disponible. Bref : vous êtes coincé dans un stage-catastrophe et vous ne pouvez pas en sortir. Votre mission, si vous l’acceptez, est de sortir de là quand même :

  1. sans vous être blessé à la fin,
  2. en ayant obtenu votre diplôme et
  3. sans être écœuré par le métier avant même d’avoir pu commencer à l’exercer.

Ce message, rassurez-vous, ne s’autodétruira pas dans dix secondes, et la mission n’est pas impossible, alors comme on dit, « on ne lâche rien ! », et on va montrer à votre stage-catastrophe qui est le patron !

Écrire avant d’agir

Si vous avez lu mon précédent article, vous aurez constaté un lien de continuité : ici aussi, il y a un objectif (les trois points de mission cités plus haut), une stratégie à choisir, une tactique pour la mettre en place et une logistique à organiser. Et, que ce soit pour gérer un stage-catastrophe ou pour une autre raison, si vous avez un peu lu ce que je rédige en général comme articles, je ne vous surprendrai pas en vous disant qu’il vous faut écrire.

Là où, en revanche, je pourrais vous surprendre un peu, c’est dans ce que je vais vous conseiller d’écrire pour sortir victorieux de votre stage-catastrophe.

Les paroles s’envolent, les écrits restent

C’est à présent bien clair et accepté : nous sommes en terrain hostile. Par ailleurs, si j’ai qualifié ce genre de stage de stage-catastrophe, c’est bien parce que le rapport de force vous est défavorable. La partie ne se joue pas à couteaux tirés (heureusement…) mais bien dans une ambiance feutrée bien plus retorse. Il faut donc vous protéger, et pour cela, anticiper, prouver, et garder des traces – autrement dit, écrire. Aux échecs, celui qui gagne, c’est celui qui pense plusieurs coups en avance, celui qui perd, c’est celui qui ne fait que réagir.

Reprenez confiance !

On vous demande systématiquement de remplacer le prof « à l’arrache » le soir et vous devez faire la fermeture, alors que votre tuteur est absent ? Surtout demandez des confirmations par SMS et mails… Parce qu’ils laissent des traces écrites. Quand vous vous ferez allumer par votre tuteur de stage-catastrophe dans votre livret de formation parce que vous n’êtes pas bon en cours co’, vous pourrez innocemment faire remarquer que si votre tuteur était présent quand vous bossez (ce qu’il est contractuellement tenu de faire), ça serait plus simple pour vous. Et vous pourrez prouver qu’il n’était effectivement pas là.

Soyez dur avec ceux qui vous mènent la vie dure…

C’est un exemple que vous pouvez décliner à toute situation. Alors oui, je sais, là, comme ça, hors-contexte, je donne l’impression de faire du mauvais esprit et d’être mesquin… Le genre de type procédurier qui cherche la petite bête par pur mauvais esprit. Un emmerdeur de première, quoi. Déjà, passez boire une bière à la maison, vous verrez que c’est mal me connaître… Enfin si, je suis un emmerdeur, mais pas comme ça 😊.

Ensuite, n’oubliez pas dans quel contexte nous sommes et à qui je m’adresse : si vous êtes en train de vivre un stage-catastrophe, alors vous comprendrez très bien que la violence n’est pas du côté de la légitime-défense que l’on est obligé de mettre en place. Vous n’êtes pas corvéable à merci … Mais un professionnel en devenir qui est d’ores-et-déjà une personne adulte que l’on doit traiter normalement ; pas un enfant, ni un idiot, ni quelqu’un n’ayant jamais travaillé et ne connaissant rien à rien !

Et ça, un tuteur de stage-catastrophe, dans son attitude condescendante et manipulatrice, aura tendance à vous le faire oublier. Si vous êtes dans un stage-catastrophe, on vous marche quand même un peu voire beaucoup sur la tête, appelons un chat un chat. Alors, si vous devez aller à la confrontation dans votre stage-catastrophe, vous avez le droit de commencer par vous rebiffer intérieurement pour vous redonner le moral !

… Et dites la vérité à ceux qui ont le pouvoir

Votre tuteur de stage-catastrophe n’a pas le pouvoir. Il vous fait croire qu’il l’a – mais en réalité, ceux qui ont le pouvoir, le vrai, celui qui vous intéresse, celui de vous donner le diplôme, vous ne les verrez jamais. Ce sont les membres du jury plénier de la DRJSCS qui délivreront votre carte professionnelle et votre diplôme si vous réussissez les examens. Et pour que ces gens-là mettent le bon tampon au bon endroit, il vous faut le soutien du directeur de la formation.

Si vous vivez un stage-catastrophe, dites-le à votre directeur référent en centre. Si vous êtes de bonne foi, il sera de votre côté, tout simplement parce qu’il n’a aucun intérêt à diriger un service qui éjecte des candidats au lieu de produire des diplômés. Il y va de sa réputation et de sa crédibilité professionnelle. On a parlé des intérêts divergents, là, vous avez des intérêts convergents avec cette personne – faites-en un allié.

On n’est pas là pour rigoler : faites-le savoir

Vu les enjeux et les implications de ce que je vous dis, je précise que j’ai moi-même appliqué cette technique lors de mon stage-catastrophe. Pas de gaieté de cœur, mais j’y ai été obligé par les circonstances. Je ne me permettrais jamais d’écrire de telles choses dans le cas contraire. Aussi, mon conseil dans ce que vous écrirez à votre directeur de centre est le suivant : soyez factuel, calme, et jamais diffamant ou accusateur. Ne dites que des choses que vous pouvez prouver (les écrits, vous vous souvenez ?) et uniquement après avoir tout essayé pour ne pas en arriver là.

Si on doit quand même en arriver là, et je vous souhaite de tout cœur le contraire, vous aurez besoin de produire un écrit compliqué et lourd de conséquences. Sachant à quel point un stage-catastrophe peut être pénible, et sachant que tous ne sont pas à l’aise à l’écrit, je vous propose un exemple de lettre-type, à adapter à votre situation. C’est quasiment celle que j’ai dû écrire pour mon propre stage-catastrophe (un vrai moment de pur bonheur, comme vous vous en doutez…).

J’ai rajouté après coup l’appellation « stage-catastrophe » qui n’était pas dans la version d’origine, et remplacé les noms par « -XXXX ».

Exposer sa situation pour ne pas y revenir ensuite

Introduire le problème …

Bonjour -XXXXX,

Nous avons déjà évoqué ensemble les problèmes que je rencontre dans ma
structure de stage-catastrophe, dus au comportement de mon tuteur. Après
une période d’accalmie, me voilà à présent menacé de renvoi de la structure
pour une raison qui tiendrait de la farce si l’enjeu pour moi n’était pas si
grave. Je tiens donc à poser ici les faits, calmement, officiellement et par
écrit, afin que l’on puisse juger de leur gravité. C’est bien l’obtention de
mon diplôme qui est en danger à cause de ce stage-catastrophe.

Je présente par avance mes excuses pour le caractère fastidieux et négatif de ce message, à l’écriture duquel je suis contraint. Je choisis donc mes mots avec soin. Il y a malheureusement un vrai problème.

… Tailler dans le vif

(ICI, EXPOSER VOTRE SITUATION – UNIQUEMENT LES FAITS).

Toutes les tentatives
de prise sur soi, de discussions de bon sens, d’appel au calme et de
communication normale ont échoué : cette personne compte bien continuer à
abuser de la situation pour une raison toujours inconnue.

Je suis élève du -XXXX, et stagiaire. Je suis donc là pour apprendre en
toute humilité, prendre sur moi. Ça fait partie du jeu.

Mais je suis aussi un adulte en transition professionnelle, et un client
qui a payé l’apprentissage d’un métier, pas l’organisation d’une année de
harcèlement moral en stage-catastrophe. Qu’un élève manque une UC parce qu’il
n’a pas assez travaillé, c’est la moindre des choses. Mais qu’il se retrouve
dans l’incapacité matérielle et concrète de la préparer correctement pour des
raisons de sabotage, c’est quelque chose que je n’accepte pas.

Je pense par ailleurs que si j’ai été sélectionné parmi les postulants,
c’est que j’ai réussi à convaincre les sélectionneurs que je suis quelqu’un de
sérieux, passionné par les AGFF, et a minima fait pour ce métier.

Je demande donc
officiellement de l’aide pour gérer ce stage-catastrophe. Je ne cherche que l’accès
à ce qui normalement devrait aller de soi : les moyens de préparer mon examen
final dans des conditions normales de travail.

Je ne demande ni passe-droit ni traitement de faveur. Je suis juste pris dans une situation anormale où je pourrais perdre gros sans raison alors que je n’ai rien fait de mal.

Et conclure

Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire. J’ai essayé d’être le
plus concis, factuel et objectif possible, quand tout est fait pour provoquer
chez moi des réactions émotionnelles qui ne feraient que me desservir. Je suis
bien sûr à votre disposition pour en parler.

Je veux vraiment avoir mon diplôme malgré ce stage-catastrophe, et je veux
juste qu’on arrête de m’empêcher de travailler pour.

Merci.

(FORMULE DE POLITESSE).

Cette lettre n’est pas marrante à
lire. Elle ne l’a pas été à écrire non plus. Pourquoi alors est-ce que je la
réécris ?

Pour vous.

Si vous êtes coincé dans un stage-catastrophe, servez-vous-en. Reformulez, inspirez-vous-en, insistez comme je l’ai fait sur votre envie de réussir, demandez de l’aide… Peu importe. Si ça fait la différence entre avoir votre diplôme ou le rater, alors il n’y a que ça qui m’intéresse.

Voilà… Maintenant, vu que je n’aime pas spécialement brasser les marais, on va dire des choses positives et plus joyeuses, je vous le promets. J’arrête de plomber l’ambiance 😊.

Développer des techniques pour pallier les manques

Les bienfaits de la rusticité

Un des points les plus handicapants dans un
stage-catastrophe, c’est, comme je l’ai vécu et comme vous le vivez peut-être
aussi, l’impossibilité d’effectuer certains exercices.

Or, je ne vous apprends rien, une fois que vous avez une barre de 80kg ou plus au-dessus de la tête après un épaulé-jeté, vous ne pouvez pas la retenir en la laissant tomber au sol, vous la laissez tomber de plus de deux mètres de haut d’un seul coup. Si on vous interdit ce genre de pratique parce que le revêtement des sols n’est pas adapté… Que faire ?

Tel Batman… Sortir. Dehors, vous pouvez TOUT faire.

En stage-catastrophe, vous avez des limitations, mais en extérieur, vous pouvez utiliser la vitre d’un bâtiment comme miroir pour répéter un bloc de Step sur le trottoir (oui, c’est du vécu). Sans doute avez-vous la possibilité de trouver un arrangement avec le gars qui tient la carrosserie du coin et de balancer joyeusement de la fonte dans tous les sens entre les carcasses de R25 (oui, c’est du vécu aussi). Je précise pour les millenials que les R25 sont un modèle de voiture mythique de chez Renault, très en vogue dans les années 90. Pfff, j’ai tellement l’impression d’être un papa ! 😊 Mais revenons à notre stage-catastrophe.

Internet, le bon voisinage & le mobilier urbain

De l’intérêt de la méthode naturelle…

Ne souhaitant pas faire de publicité à une personne plutôt qu’une autre, j’évoquerai simplement en général plusieurs disciplines qui pallient un stage-catastrophe : Street Workout, Calisthenics, Free Run, Kettlebell… Et plein d’autres. Avec seulement cent euros et quelques mètres carrés de cour ou de terre battue, on fait énormément de travail : pompes, tractions, squats à une jambe, abdos, course sur place, corde à sauter, kettlebell… Sans parler de tout ce qu’on peut faire avec le mobilier urbain.

… D’être sympa avec les gens…

Enfin, pour ce qui requiert quand même quelques installations, je vous garantis que vous pouvez compenser votre stage-catastrophe en achetant un banc de muscu d’occasion et en sympathisant avec les voisins. Si vous vous occupez du barbecue, ils seront ravis d’assurer votre barre de développé-couché pendant que vous travaillez l’excentrique en négatif à 110% de votre 1-RM. Seb, Ludo, si vous me lisez… Merci les gars !

Au-delà de l’anecdote rigolote, c’est le cœur de notre métier : être au service des autres pour qu’ils aillent mieux. Et pour ça, créer des liens bienveillants avec eux au préalable est essentiel. Et ils vous le rendront.

… Et de visiter les bons sites…

Par ailleurs, Internet est une mine d’or pour les conseils si vous savez chercher. Il y a notamment un site qui s’appelle www.reussirsonbpjeps.com – oui, quand même, il faut que je fasse un peu d’auto promo pour celui-là, sinon Fred va me disputer 😊. Et encore une fois, au-delà de la blague, comment croyez-vous qu’a commencé ma collaboration à ce site ? Parce qu’en le découvrant j’ai pu compenser plein d’aspects de mon stage-catastrophe, et qu’un jour, après le diplôme, j’ai écrit à Fred pour le lui dire. Anecdote qui me permet de faire la transition : on ne combat jamais seul.

Trouver des alliés

En structure de stage

Qui dit stage-catastrophe ne dit pas « adhérents-catastrophe ».
Les gens ne sont pas bêtes. Ils se rendent bien compte de ce qui arrive. Si
vous restez calme, patient et gentil, les adhérents vous apprécieront d’autant
plus que le contraste avec la personne fautive en ressortira. En effet, si
votre tuteur de stage-catastrophe ne se comporte pas correctement avec vous, il
y a des chances pour qu’il ait le même problème avec d’autres. Faites confiance
au sens de la décence commune. Il existe plus qu’on ne le croit.

Par ailleurs, le jour du passage de l’UC de cours co’, qui se déroule en centre avec les adhérents de votre structure de stage-catastrophe, vous saurez à quels adhérents demander d’être présents, en étant ce jour-là particulièrement souriants, dynamiques et réactifs en tant que public de coachés pendant votre épreuve…

En centre de formation

Comme les adhérents de votre salle de stage-catastrophe, les profs de votre centre de formation seront à 99% des gens gentils, passionnés, qui ont envie que vous rejoigniez la profession. Ils veulent vous voir réussir. Restez discret avec eux sur vos problèmes en stage-catastrophe, vous avez déjà vu ça avec le directeur par écrit, mais demandez-leur des conseils. Ils vous aideront. Personnellement, j’estime avoir eu beaucoup de chance car j’ai bénéficié de l’enseignement d’excellents professeurs, bons techniciens et bons pédagogues, et humainement adorables. Je sais ce que je leur dois. S’ils lisent cet article un jour, qu’ils sachent que je ne les oublierai jamais. Peut-être avez-vous la même chance ? Profitez-en !

Dans votre promo

En lisant tout cela, vous devez vous dire que j’ai dû passer une année horrible pendant ma formation, à cause de ce @# ?! de stage-catastrophe. C’est tout le contraire.

J’ai eu la chance de tomber dans une promo de 12 personnes qui s’entendaient toutes entre elles. Aide pendant les moments durs, vraie complicité en cours, absence de rivalité, repas de Noël ensemble…

Plusieurs années après et bien qu’assez loin géographiquement, avec plusieurs d’entre elles, on s’appelle encore régulièrement. Je ne vais pas les citer ici parce que je ne leur ai pas demandé la permission, mais sans eux, mon stage-catastrophe aurait gagné et j’aurais raté mon année, clairement. À eux aussi, je sais ce que je dois.

Je ne sais pas à quel point vous avez la même chance ou non, mais une chose est sûre, il y a au moins quelques personnes dans votre promo avec qui une saine émulation peut naître.

Face à un stage-catastrophe, aucune aide n’est en trop. Principe de survie en milieu hostile, appris grâce à une personne chère à mon cœur : dès que tu peux dormir, tu dors, dès que tu peux manger, tu manges, tu te tiens toujours au chaud avoir de sentir le froid et tu n’hésites jamais à demander de l’aide.

Et un stage-catastrophe, C’EST un milieu hostile. Donc toute belle relation humaine inattendue y trouvera d’autant plus de sens. Foncez.

Réussir : utiliser la force de l’adversaire contre lui

Le chêne, le cerisier, la tempête et le judo

Subir…

La nuit précédant l’écriture de cet article, il y a eu chez moi une grande tempête et plusieurs frênes sont tombés dans le champ derrière ma maison. En promenant mon chien le lendemain matin, j’ai eu le déclic d’un souvenir de judo : le cerisier plie, le chêne casse. Le frêne aussi, du coup.

Quand j’avais six ans, mes parents m’ont proposé de faire du
judo, et j’ai tout de suite accroché. Pendant 15 ans de pratique jusqu’à la
ceinture noire, je n’ai jamais voulu faire de compétition, parce que je voyais
le judo comme un art de vivre et pas un sport.

Honneur, courtoisie, modestie, humilité… Bushido. Je sais comme vous à quel point ces mots ont été galvaudés par Hollywood. Mais sous le dévoiement il y a toujours quelque chose de bien réel, et je ne me doutais pas qu’encore 15 ans après, cette capacité à retourner la force de l’adversaire contre lui, après avoir plié sous la tempête pour ne pas briser, allait me permettre de me sortir de mon stage-catastrophe. C’est un peu aussi pour José S., mon sensei, l’homme le plus humble que j’ai jamais rencontré dans ma vie, que j’écris cet article.

… Ou agir !

Il y a un rapport avec vous.

Dans votre parcours, vous aussi avez acquis une capacité à renvoyer l’énergie. Que cela soit par une pratique, une passion, une rencontre, un travail, « l’école de la vie »… Votre vécu vous a permis de développer une puissance et des armes pour surmonter l’adversité. Et vous êtes en train d’en acquérir d’autres grâce au BPJEPS AF. Il y a des gens que vous ne voulez pas décevoir, dans la trace desquels vous voulez marcher. Il vous suffit de vous souvenir de tout cela au moment des oraux, et ce n’est pas un stage-catastrophe qui va faire la loi !

Les jurés non plus n’aiment pas l’injustice

Les membres de votre jury sont des êtres humains. Ils ont une sensibilité. Ils ne sont pas dupes sur ce que je n’hésiterai pas à appeler la dégueulasserie du monde du fitness (qui heureusement comporte également plein de personnes fantastiques).

Peut-être même qu’eux aussi, il n’y a pas si longtemps, ont obtenu leur diplôme de haute lutte après un stage-catastrophe, qui sait ?

Le jour de soutenir votre dossier-entraînement ou votre projet d’animation, si vous avez prévenu le directeur il y a des mois, que vous vous êtes accroché, que vous avez écrit de bons rapports de stage, sans fautes et sans retard, il sera alors possible de retourner la situation de votre stage-catastrophe.

Vous prouverez aux jurés que vous êtes tellement passionné par ce métier, que même si on essaie de vous en dégoûter et de vous faire échouer, votre engagement est tel que vous n’avez pas renoncé pas pour autant.

Mais bien sûr, ils n’étaient pas là au quotidien dans votre stage-catastrophe, ils ne connaissent pas les détails. Donc, sur certains points, ils vont « tiquer ».

Et c’est là qu’il ne faut pas vous sentir en danger : c’est votre plus belle chance. Souvenez-vous : le concept de retourner la force de l’adversaire contre lui et des gentils qui gagnent à la fin ? On y est. Et dans ces cas-là, rien ne vaut un bon exemple.

Comment vous pouvez transformer une faiblesse en force et gagner

Un problème en apparence insoluble…

Ma salle de stage-catastrophe était mal équipée. Dans mon
dossier-entraînement, je devais justifier du choix des méthodes utilisées pour
un programme d’hypertrophie musculaire à visée esthétique.

Et, d’entrée, un des membres du jury m’a attaqué sur les charges de travail choisies. Et quand je dis « attaquer », c’est un doux euphémisme. C’est là que votre vie d’avant, qui n’a en apparence rien à voir avec le fitness, peut vous sauver grâce à ce qu’elle vous a appris. Merci sensei.

Avec un grand sourire, je me suis mis à expliquer à mon juré que dans ma salle de stage-catastrophe, il n’y avait que trois types de poids installables sur une barre olympique : 15kg, 10kg et 5kg. Il était donc impossible, comme la méthode, la logique et la sécurité auraient dû l’imposer, de progresser par tranche de 2, 1 voire 0,5kg quand on travaillait les augmentations de force maximale au développé-couché, très proche de la 1-RM. D’où le fait que je n’avais pas mentionné ces étapes à cet endroit de mon rapport de stage.

… Qui finit par une belle rencontre

Tomber ?

« Mais alors, vous avez fait comment ?

Et bien, après plusieurs mois, comme nous avions sympathisé, le client et moi avons décidé de travailler dans le parc municipal en utilisant des charges libres naturelles que nous avions préalablement pesées. »

Silence de mort…

« Mais… Et votre tuteur ? Il ne vous a pas aidé
pour trouver une solution ?

Non ».

Regards entendus entre les jurés.

« Admettons… Mais tout de même, vous trouvez ça
sérieux pour un futur professionnel ?

De penser au client avant tout ? En s’adaptant et rigolant parce qu’on doit travailler avec des sacs de riz ? Et de parvenir quand même à lui faire prendre 10 kg de muscles en un an ? Pour gagner sa confiance et qu’il devienne mon premier client privé dès que j’aurai mon diplôme ? Oui, je trouve cela très sérieux, surtout avec un stage-catastrophe. Je crois que c’est les Marines qui ont pour devise « Improviser, adapter, triompher ». ».

Pour mieux se relever !

Sourire franc.

« Vous vous prenez pour un Béret Vert ? »

Sourire rendu. Les yeux dans les yeux.

« Du tout. Je suis trop grand, trop lourd, trop vieux, pas assez fort et le kaki ne me va pas au teint. Mais j’aimerais bien me prendre pour un coach sportif. Parce que j’en suis un ».

Et à la fin, les gentils gagnent (je vous l’avais dit)

Ah bon ?

Oui. J’ai eu mon diplôme.

L’énervement du juré, qui, au départ, m’était destiné,
s’était retourné contre mon tuteur de stage-catastrophe puis avait complètement
disparu. Ce juré est par la suite devenu mon coaché. Il m’a dit que ce qui
l’avait décidé, c’est qu’il n’avait jamais vu quelqu’un avec un aplomb pareil
dans une telle situation. Et, oui, l’histoire est vraie.

Au moins, si un
jour vous et moi on se parle en consultation privée
au sujet de
« comment réussir les oraux d’entrée ou d’examens du BP », vous
saurez que je sais de quoi je parle 😉.

Comme pour le judo, vous avez aussi cela en vous, une capacité à transformer l’adversité en opportunité, d’une façon ou d’une autre. Je ne me débrouille pas trop mal avec les mots, alors quand le vent souffle et que c’est pertinent, j’essaie de m’en servir. C’est peut-être aussi votre cas ? Ou alors, vous avez d’autres armes complètement différentes. Peut-être avez dû travailler dans des métiers très durs ? Ou élevé seul un enfant ? Peut-être êtes-vous un danseur, une institutrice, un chimiste hors-pair ?

De l’art de trouver ses armes pour mener à bien son combat

Quelque soit votre histoire, la vie vous a donné des armes puissantes qui viendront à bout d’un individu pénible dans un stage-catastrophe, que vous vous en soyez rendu compte ou non. Nous avons tous en nous ce que les Japonais appellent le giri, le sens du bien et du mal. Pensez-y. Et, le jour J, pendant les oraux, si quelque chose s’est mal passé pendant votre stage-catastrophe et que vous savez qu’on va vous en reparler, ces armes, utilisez-les. Toutes, et à fond.

Vaincre, c’est appliquer la bonne dose de puissance, au bon
endroit, au bon moment, avec maîtrise et certitude.

Merci sensei. Encore.

La rose, la boue, un âne & une kettlebell magique

Parler de ce qui m’est arrivé à moi, pour que ça ne vous arrive pas à vous

Cela ne vous aura pas échappé, cet article est assez personnel.

J’espère qu’il aura été plus facile à lire qu’il ne l’a été à écrire, parce que même moi, en ouvrant le traitement de texte, je ne me doutais pas que ce stage-catastrophe ferait ressortir tout ça, des années après.

De plus, je me suis permis de dire des choses assez personnelles, ce qui, croyez-le ou non, ne me ressemble pas, et ne sera pas toujours le cas, je vous rassure (c’est de toute façon rarement pertinent).

Je n’aime pas parler de moi et en général je me méfie des gens qui parlent d’eux, mais pour vous parler à vous, sur un sujet aussi délicat et lourd de conséquences qu’un stage-catastrophe, il était essentiel d’humaniser le propos.

L’idée était de vous faire comprendre que c’est réellement du vécu, et pas juste un sujet de discussion. Pour faire passer ça, on ne peut pas tricher ou jouer les timides. N’y voyez donc aucune exhibition.

Simplement, il y a certaines choses qu’il faut incarner si l’on veut être légitime et crédible.

Vivre sa passion sans se la faire voler ou ternir – et savoir que ça finit bien

Un mal…

J’ai beaucoup hésité à choisir ce sujet d’article sur les
stages-catastrophes et surtout, à l’écrire de cette façon. Et puis, je me suis
souvenu que des anecdotes de stage-catastrophe, moins gratinées, plus gratinées,
aussi gratinées que la mienne, j’en ai entendu plein depuis des années, que
peu de gens en parlent dans le milieu et que ça peut arriver à n’importe qui
.
Et
qu’on s’en sort.

Et comme le meilleur moyen de résoudre un problème, c’est de commencer par en parler, il n’y avait aucune raison que le stage-catastrophe fasse exception à la règle. C’est trop important pour que ceux qui l’ont traversé le taisent en permanence par pudeur ou peur du qu’en-dira-t-on. Et au final, c’est une expérience importante. L’apprentissage est un peu rugueux, on va dire, mais la leçon est précieuse. Alors, si vous vivez un stage-catastrophe, réjouissez-vous.

… Pour un bien !

Parce que si vous vivez un stage-catastrophe,
rappelez-vous que vous en sortirez plus fort
et qu’après ça vous saurez
gérer les personnes malveillantes encore mieux qu’avant. C’est une force pour
vous et pour vos futurs clients car vous la leur transmettrez.

Parce que si vous tombez sur un tuteur de stage-catastrophe, vous pourrez le remercier en obtenant votre diplôme, comme je remercie le mien (vraiment et sans ironie, avec le recul du temps), car il vous aura appris que les plus belles roses peuvent éclore sur les plus beaux fumiers. (Il est donc bien de cueillir des fleurs dans la boue, comme promis dans l’intro).

Et c’est ainsi que s’achève notre histoire et que s’éloigne
notre héros, chevauchant un petit âne lui brayant de maigrir un peu, après
avoir terrassé le dragon avec sa kettlebell magique, « Excaliburpees ».
(« Excalibur » … + « Burpees » …  = « Excaliburpees »
… C’est bon, vous l’avez ?).

Oui, je sais, c’est une blague de papa, la quarantaine
approche, que voulez-vous !

Et pour ce qui est de finir sur un petit âne, comme pour les fleurs, je vous avais pourtant prévenu 😊.